mardi 27 septembre 2011

Chum Reap Sua !! Quand le Mékong sort de son lit…

Samedi 18 septembre. L’hôtel du Kremlin-Bicêtre est encore aux ¾ endormi, mais pour moi, l’heure est arrivée de partir pour l’aéroport, tant attendue, pleine d’espoirs et pourtant non sans appréhension. Comment cette année va-t-elle se dérouler ? Le choix que j’ai posé était-il vraiment raisonnable ? Mais a-t-on toujours besoin de la raison ?

Il est 11h, heure cambodgienne, et voilà qu’après 18 heures de voyage, l’avion survole des kilomètres et des kilomètres carrés d’eau. Le Mékong, dans sa folle colère aidée par les pluies de la mousson, a tout inondé. La campagne cambodgienne, vue du ciel, ne semble que désolation. On peine à apercevoir encore quelques lopins de terre, mais heureusement, l’arrivée à Phnom Penh est teinté d’un peu plus d’optimisme… Les rues sont sèches, la chaleur est là et la moiteur de l’air aussi… Ah qu’il est bon de se retrouver dans cette chaleur tropicale !!! Pour ainsi dire, ça change de Besançon !!! Mon collègue et responsable m’attend comme convenu à la sortie de l’aéroport… Je sors la dernière car allez savoir pourquoi, je suis dans les premières à donner mon passeport et la dernière à recevoir mon visa ?! D’aucuns diront que j’ai la poisse avec les visas, mais non, à part le fait de poireauter, je n’ai eu aucun souci à obtenir ce joli petit papier ! et cela m’a laissé tout le loisir d’admirer la formidable capacité des cambodgiens à donner du boulot à ses habitants… Il faut bien être au moins 10 personnes pour donner un visa, le temps que le passeport passe dans chacune des mains…
Palais Royal de Phnom Penh

Je ne tiens pas à faire de généralité sur l’emploi au Cambodge, et dès à présent, je tiens à rappeler que ma vision de ce pays qui m’attire depuis longtemps n’est que très partielle, compte-tenu que sur 10 jours, j’en ai passé au moins 7 dans un bureau…

Revenons donc à l’emploi… Je ne saurai en faire de longs discours, mais une chose est sûre qui m’a frappée. Les femmes semblent occuper une bonne partie des emplois – au moins tout autant que les hommes.  De même, à Phnom Penh, il semble que nombre d’entre elles conduisent une voiture personnelle… Interloquée par cette place – à mon grand bonheur – que semble prendre la femme dans la société cambodgienne – à la grande différence avec l’Inde, chère à mon cœur – j’ai demandé confirmation à mes collègues cambodgiennes et français vivant au Cambodge… Leur réponse est unanime, c’est la femme qui commande et qui tient le cordon de la bourse !! Je crains malheureusement, d’après mes (brèves) lectures, que la réalité des choses, surtout à la campagne soit quelque peu différente.

7 jours dans un bureau, donc… Toute l’équipe Asie de France Volontaires (Cambodge – Vietnam – Laos) était réunie pour réfléchir et partager autour des Espaces Volontariats. Bien que ne faisant pas officiellement partie de l’équipe Asie, dans le sens où mon volontariat est porté par le Service de Coopération au Développement,  j’effectuerai aux Philippines, une étude pour France Volontaires. A ce titre, j’ai eu l’honneur d’être intégrée directement à l’équipe en tant que membre à part entière… Ces quelques jours de réflexion m’ont permis, 1/ de prendre le temps d’atterrir et d’ingérer les décalages en tous genres (horaire et autre !), 2/ de mieux comprendre à quoi pourra servir concrètement ma mission d’étude…

Un Espace Volontariats, concrètement, c’est un lieu, à la fois physique et virtuel, qui fonctionne avec des salariés et volontaires de France Volontaires ayant pour mission d’informer, d’orienter, de mettre en réseau toutes les personnes qui souhaitent effectuer ou qui sont déjà en poste sur des missions – courtes ou longues – d’engagement solidaire à l’international. La mission de l’Espace Volontariats va de renseigner le volontaire pour savoir où s’acheter une brosse à dents jusqu’à la mise en relation entre des structures d’accueil recherchant une personne avec telle ou telle compétence avec The volontaire qu’il leur faut !!! Et entre les deux, l’Espace Volontariats propose aussi tout un tas de services utiles à l’intégration dans le pays : cours de langue, de cuisine, etc.
Bref, pour moi, l’idée de l’étude sera donc de tracer un panorama des structures d’accueil aux Philippines, des volontaires qu’elles accueillent et des besoins spécifiques qu’elles ont. En fonction des résultats de l’étude, France Volontaires décidera s’il semble ou non pertinent de créer un EV dans ce pays…

Après cette petite incursion technique dans mes divagations cambodgiennes, revenons à Siem Reap… parce qu’il n’y a pas que le boulot quand même !!
L’arrivée du week-end m’a laissé tout le loisir de visiter une toute petite partie du pays, mais la plus connue de tout un chacun : les temples d’Angkor.

Huit heures de bus – contre 6 annoncées - sur des routes parfois chaotiques, parfois très inondées Les Cambodgiens, bien que grands producteurs de déchets à mon sens, ont toutefois une grande classe : celle de savoir recevoir et proposer des services. A l’hôtel, c’est le « pressing » gratuit ; dans les resto, c’est thé froid offert ; dans le bus, c’est casse-croûte, bouteille d’eau et lingette rafraîchissante (encore une fois, ce n’est peut-être pas une généralité, mais c’est appréciable !)…
Le paysage découvert sur la route est donc conforme à celui vu du ciel à mon arrivée, de l’eau partout ! On se demande même parfois comment la route peut encore être visible… Les habitations qui sillonnent la route, elles, ont les pieds dans l’eau. La plupart sont montées sur pilotis. Il n’empêche que leur accès se fait soit par des pontons de fortune, soit les pieds dans l’eau. Ces piscines improvisées devant les maisons font le bonheur des enfants qui s’y baignent, mais il faut avoir sacrément le moral – et pas vraiment le choix – pour continuer de vivre et d’espérer pendant ces longs mois d’inondation.
A Siem Reap, le spectacle est le même. En arrivant à l’hôtel en fin d’après-midi, la meilleure option est d’aller faire un tour en ville. Le gérant de l’hôtel me prévient d’avance : pour aller visiter l’atelier des Artisans d’Angkor, il faudra laisser le tuk-tuk et parcourir le reste du trajet les pieds dans l’eau… Qu’à cela ne tienne, la mousson indienne est déjà passée sur mes jambes !! Malgré tout, après coup, je n’ai jamais eu autant d’eau en Inde !!
Il en profite également pour m’expliquer que le bâtiment principal de leur hôtel est situé dans la zone inondée et qu’ils ont donc ce deuxième bâtiment – où je loge – dans la partie non inondée de la ville. Sur la route, je m’aperçois que même les grands hôtels et restaurants sont logés à la même enseigne que les autres… Leurs devantures sont de véritables piscines… Une partie des magasins et restaurants de la zone inondée ont construit un système D avec des sacs de sable en guise de digue… ce qui m’a permis de déguster au sec les meilleurs rouleaux de printemps que j’ai mangés jusqu’à présent !!
Un petit aperçu des rues de Siem Reap


Lever aux aurores pour un départ vers les temples d’Angkor. Comme ce qui semble désormais entendu, la route est une alternance de pataugeoire et de bitume sec, mais les temples, eux sont pour la plupart épargnés (ou plutôt, ils ont séchés, d’après ce qu’on m’a laissé entendre… et de ce qu’on a essayé de me baragouiner en anglais… Ne critiquez plus jamais l’accent indien !! J’ai trouvé bien pire !!!). Je commence donc la visite, bon pied, bon œil… L’œil sera toujours aussi bon à l’arrivée, les pieds – ou plus exactement les cuisses – un peu moins ! Pour voir la magie des temples d’Angkor, il faut grimper des marches, et puis des marches, et encore des marches… et quand vous croyez avoir gravi la dernière marche, vous en voyez de nouvelles, là, juste au-dessus, qui malgré la chaleur (mais sous la grisaille) et la fatigue vous invite à les gravir à nouveau !! Au gré de ces marches, des trésors d’architecture, des murs sculptés de scènes de la mythologie hindoue, de combats à dos d’éléphants, des statues de Bouddha de toutes les tailles, mais aussi des rencontres, quelques plaisanteries échangées avec un touriste allemand et un peu de compassion pour une touriste américaine qui trouvait les marches tellement terribles à gravir !! Des petits clins Dieu qui (re)mettent du baume au cœur…




Après quelques dernières heures de travail avec mon responsable régional, l’épisode cambodgien touche à sa fin (disons, pour le moment !). L’avion pour Manille décollera demain, mercredi 28 septembre, à 13h25 heure locale, en espérant ne pas rester bloquée à Ho Chi Minh Ville en attendant une accalmie climatique sur les Philippines !!

Prochain épisode en direct de Manille !

1 commentaire:

  1. merci pour ce "voyage"..
    et biz de l'autre bout du monde....
    bon vent
    Isabelle

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