jeudi 20 décembre 2012

Je vous souhaite un...





JOYEUX NOEL !!

Une semaine en terre d’islam…




Aux Philippines, tous les mois en –BRE sont les mois de Noël… les premiers chants de Noël résonnent donc dès le 1er septembre ; les premières décorations font leur apparition dès le début du mois d’octobre ; et ne parlons pas des 15 jours qui précèdent Noël avec chaque soir les groupes d’enfants comme d’adultes qui viennent chanter à votre porte dans l’espoir de récolter quelques pièces…
Mais alors que l’ensemble des Philippines se préparent depuis 4 mois déjà à célébrer Noël, je suis partie en mission dans le seul endroit des Philippines où les rues sont vides de décorations… et pour cause, je suis partie à Mindanao dont une partie est l’ARMM – la Région Autonome Musulmane de Mindanao.
Nombre d’entre vous ont sans doute déjà entendu tristement parler de Mindanao.

Un peu d’histoire…

Mindanao, située tout au Sud des Philippines, est la seule île abritant une part significative de population musulmane (32%), dans un pays à plus de 80% catholique.
Arrivés au 13ème siècle par les marchands arabes venant des terres que sont aujourd’hui la Malaisie et l’Indonésie, l’Islam a converti rapidement les populations animistes et indigènes. La première mosquée fut construite au milieu du 14ème siècle. Alors que les musulmans commençaient à influencer fortement les populations du Nord du pays, les espagnols catholiques sont arrivés au 17ème siècle. Ces mêmes espagnols qui venaient tout juste d’expulser de leur pays les Maures – ces musulmans de l’époque médiévale - se retrouvaient alors confrontés à la même présence musulmane à qui ils donnèrent alors le nom de Moro (Maure, en espagnol). C’est ainsi qu’alors qu’ils avaient le contrôle de l’île, les Moros se sont retrouvés comme minorité ethnique, de même que d’autres minorités tribales nommées localement Lumad.

Pauvreté et différences religieuses ont laissé libre court au Front de Libération Moro Islamique (MILF) qui a engendré depuis des années durant une violence extrême dans cette partie méridionale du pays, allant crescendo jusqu’à ce début du 21ème siècle.
La politique du Président Estrada en 2000 a mené à des centaines de milliers de déplacements de personnes et enflammé encore plus la région dans la décennie qui a suivi…
C’est dans ce climat que le 23 novembre 2009, dans la province de Maguindanao, 57 personnes dont 34 journalistes, des avocats, et des civils ont été tués durant ce qui est depuis lors appelé le « Massacre de Maguindanao » ou « Massacre d’Ampatuan » du nom de la ville où il a eu lieu. Il s’agit du plus grand nombre de journalistes tués en une seule fois.

Après tant d’années de violences et de désaccord entre le MILF et le gouvernement, les contours d’un accord de paix ont été rédigés et signés le 15 octobre 2012 à Manille. Cet accord plaide pour la création d’une région autonome appelée Bangsamoro qui remplacerait l’ARMM. Vient alors s’ajouter la question des populations indigènes qui souhaitent que leurs droits soient aussi reconnus et que leurs terres ancestrales leur soient rendues…
Toujours est-il que la signature de cette ébauche d’accord a ramené un peu de calme dans la région…
Il aura fallu pas moins de 32 discussions de paix en 9 ans pour aboutir à cet accord !

Deux jours à Cotabato

Rassurée par l’engagement de ce processus de paix, j’ai pu honorer ma promesse faite l’an dernier à Gérard, un volontaire hollandais qui travaille sur un projet du CCFD, juste en plein cœur de l’ARMM. Cotabato est la ville principale de la province de Maguindanao…
N’empêche, on a beau savoir qu’un accord de paix a été signé, et bien, Cotabato, c’est un peu stressant…
D’abord, il y a Gérard qui vit là-bas depuis plus de deux ans… je lui tire mon chapeau… mais pendant 2 jours, il n’a cessé de me répéter qu’il faut toujours et encore faire attention… surtout, ne reste pas sur le bord du trottoir, ne te montre pas trop en tant qu’étrangère… et ne sors pas le soir !
Ah, ça, pas de risque puisqu’à Cotabato, tout ferme à 19h, même les resto… enfin, ils ferment un tout petit peu plus tard, mais si vous voulez manger, il faut y être avant 19h sinon, plus moyen de rentrer !
Le couvre-feu n’est donc pas totalement interrompu…

Les tribus avec lesquelles travaillent LDCI
Ce n’est donc pas la vie même de Cotabato qui a rendu mon séjour dans cette ville intéressant, bien qu’il soit très intéressant de mesurer soi-même l’ambiance dans laquelle vivent les volontaires (Gérard est le seul sous contrat français là-bas ! et il y a relativement peu d’autres étrangers, une petite dizaine tout au plus). Mais le travail effectué par le Lumad Development Center Inc. (LDCI), partenaire du CCFD-Terre Solidaire, est particulièrement intéressant.


Oui, j'ai l'air ridicule et j'assume !!














« Lumad » est le dénominatif commun donné à l’ensemble des populations indigènes de l’île de Mindanao. LDCI travaille avec sept d’entre elles dont les Teduray, les Lambangian, les Ubo, les T’boli… pour les aider à connaître leurs droits et à construire des communautés harmonieuses et paisibles basées sur leurs principes économiques, politiques, culturels et leurs croyances ancestrales.

Toujours curieuse d’en savoir un peu plus sur les programmes soutenus par le CCFD et sur les cultures traditionnelles des pays dans lesquels je vis (surtout que cette dite culture traditionnelle me manque à Manille…), j’ai accepté de me rendre dans un village Teduray… Veni, vedi, vici !!!!
Deux heures sur ces chemins !

La fierté de la communauté Teduray

L'autel des rituels traditionnels


A la philippine !
J’y suis allée, j’ai vu, et j’ai cru ne jamais voir le bout de cette route… Ledit village – en réalité une seule maison à l’endroit où nous allions – est situé aux abords de la ville d’Upi, la capitale du maïs d’exportation ! Mais là où ça se complique, c’est que les abords de la ville d’Upi sont faits de collines dont les chemins pour passer de l’une à l’autre ne sont autres que des pistes de 4x4 !!! Même le village le plus reculé d’Inde ne m’a jamais semblé aussi difficilement atteignable…

LA maison !


Là-haut, tout là-haut, après deux bonnes heures de tape-cul, on m’a présenté le système judiciaire traditionnel, l’autel de culte traditionnel, quelques croyances indigènes locales, et surtout… ce qui fait la fierté des Teduray qui travaillent avec LDCI : une carte en 3D de leurs terres ancestrales construite grâce à l’implication de toutes les personnes du villages, jeunes et vieux… car le village en soi ne se résume pas à cette seule maison que j’ai vue… il y a d’autres maisons teduray sur d’autres collines au milieu d’autres champs de maïs destiné majoritairement à l’exportation… Sur ce sujet, on a bien voulu me faire croire que le maïs cultivé sert à nourrir le cheptel local… sauf que le cheptel local, il faut quand même dire qu’il n’est pas ce qu’il y a de plus développé… Je manque cruellement de vaches dans ce pays !! et dès que j’en vois une, je saute de joie !

15 heures de route…

Après avoir testé les routes de Cotabato et de ses alentours, me voilà embarquée le 12 décembre dès 6h du matin pour un trajet devant me mener jusqu’à Iligan… soit environ 350 kilomètres… Je savais que c’était long, mais j’étais loin d’imaginer que ce serait au-ssi long !!
J’avais heureusement prévu une pause en début d’après-midi à Malaybalay pour rencontrer des volontaires allemands travaillant pour le Réseau International des Observateurs de Paix (IPON).
A 21h j’arrivais péniblement à la gare de bus d’Iligan où m’attendait Father Illah, un père spiritain. Mais il fallait encore 20 bonnes minutes pour rejoindre Pindungangan par des chemins dignes de ceux d’Upi…

Jay... ses ruches...
ses champs...!













C’est là seulement que j’ai pu poser mon sac et faire connaissance avec Jay, fraîchement arrivé chez les spiritains pour travailler comme volontaire sur un projet agricole… Ah, enfin, un volontaire français qui bosse sur un vrai projet agricole !!
Quel bonheur d’être dans un endroit situé au cœur d’un océan de verdure, de respirer un peu d’air pur, et de partager ces quelques jours avec Jay et les pères spiritains… Father Illah s’amuse depuis qu’il m’a rencontrée à m’appeler « la présidente » ! J’étais pourtant habillée tout simplement, mais il faut croire que je lui ai fait de l’effet !!


des p'tits loups à l'école gérée par les Spiritains


Le sari-sari du coin qui ne fait pas de "cridet"... euh de crédit !!
Un volontaire heureux devant sa pièce de bœuf !!

Les discussions partagées avec Jay, Aymeric et Colombe, autour d’un succulent repas dans un petit restaurant d’Iligan étaient aussi un moment très agréable à plusieurs égards… Aymeric et Colombe sont un couple de volontaires français qui travaillent pour le centre de sourds et muets de LP4Y à Iligan où ils vivent avec leurs 3 loulous âgés de 8 mois à 4 ans. Autant dire que faire vivre une famille avec une indemnité de volontaires, ce n’est pas aisé, surtout lorsque les associations ont peu de moyens et, il faut le dire, profitent aussi un peu de la loi pour attribuer une indemnité qui dépasse à peine le minimum requis…
C’était donc une pure aubaine pour eux d’être invités à dîner et de pouvoir se délecter d’une bonne pièce de bœuf sur laquelle ils lorgnaient depuis quelques temps !!
Au-delà de ce repas (parce que payer à manger aux volontaires n’est pas la mission principale de France Volontaires, quand même !!) ce sont nos échanges qui ont été riches pour me permettre d’apporter une réflexion supplémentaire à ma mission…


Youpi !!!
Le 14 décembre, je quittais un peu à regret le centre des spiritains, ce paradis de verdure et la douceur de ces instants partagés, et me promettais d’y revenir. Mais après trois nouvelles heures de bus et taxi, j’étais quand même heureuse de rentrer à Manille (oui, ça peut arriver !) car cette semaine à tout de même été bien épuisante… le prix d’un peu d’authenticité et de nature…

Ah oui, j’oubliais… certains m’ont demandé si j’avais été confrontée aux conséquences du terrible typhon Pablo qui a frappé l’île de Mindanao la semaine précédent mon séjour… Et bien, personnellement, je n’en ai vu que les quelques photos que Jay, craignant pour ses plantations, m’avait envoyées par mail… Ce typhon a ôté la vie à plus de 900 personnes, mais la zone la plus touchée a été la région de Davao à l’extrême Sud-Est de l’île alors que j’étais à l’Ouest et au Nord…

dimanche 9 décembre 2012

Croyez en vos rêves…



Mon amie Jade, avec ses sacrés mystères de la vie, me l’a souvent répété… Il faut croire en ses rêves afin qu’ils deviennent réalité ! « Faites que le rêve dévore votre vie, afin que la vie ne dévore pas votre rêve ».
J’en avais déjà eu la preuve formelle, le jour où j’ai su que je partais en Inde, pour la première fois. J’en avais rêvé depuis des années, et ce rêve était devenu réalité un beau jour d’avril 2002… Puis depuis ce temps, Jade n’a cessé de me le répéter… Crois en tes rêves ! C’est alors qu’après des embûches qui auraient pu me valoir d’abandonner mes rêves, j’apprenais à nouveau, le 19 mars 2007, très exactement, que j’allais repartir en Inde ! (Merci St-Joseph !). Depuis ce jour, je me suis dit que je ne cesserais de croire en mes rêves, quitte à passer pour une utopiste…
Et bien, voilà que ce 8 décembre 2012, alors qu’en France, la neige a fait son apparition, et que je brûle sous le soleil philippin, mon rêve de petite fille s’est réalisé… Il aura fallu plus de 25 ans, à ne cesser d’y croire, à baver devant les témoignages de ceux qui avaient la chance de réaliser ce rêve à ma place et à me dire que moi aussi, un jour, si Dieu le voulait bien, j’aurais ce plaisir…
C’est alors, que ce 8 décembre 2012, alors que Lyon s’apprêtait à fêter sa X-ième fête des lumières, moi, je me levais à 4h30 pour prendre la route… Les yeux encore endormis d’une nuit courte – sans doute encore plus raccourcie par l’excitation qui m’a réveillée encore plus tôt ! – je montais dans la voiture avec Laurence, Bertrand et Maguelonne…
Deux heures trente de route au milieu de la verdure… La route au nord de Manille est très jolie… et pourtant, les derniers kilomètres sur une route sinueuse au milieu de la forêt m’ont semblé bien longs car l’impatience était à son comble !!
C’est alors que nous sommes arrivés. Il a fallu encore un peu de temps, le temps de s’équiper et le temps de quelques informations et conseils utiles…

Ce 8 décembre 2012, à 9h30 – heure de Subic Bay, au Nord de Manille – j’ai réalisé mon rêve d’enfant…

J’AI NAGE AVEC LES DAUPHINS !!

Même encore mieux, j’ai plongé avec eux…

Prêts ? C'est parti...


Bien sûr, il y a le côté un peu moins naturel du parc… mais mon rêve de gamine était né de mes nombreuses excursions à Marineland, des nombreux livres lus au sujet des dauphins, du Grand Bleu… Quand j’étais petite, je voulais devenir dresseuse… mais quelques années passant, l’univers des bassins m’a laissé songeuse quant à l’enfermement de ces animaux que j’aimais tant.



On dirait que Zack m'attendait !!
Y a pas à dire... c'est tellement beau !














Alors, oui, j’ai plongé avec Zack, Donka et les autres dans un parc… mais Ocean Adventures a l’avantage (contrairement à Marineland) de conserver l’habitat naturel des dauphins. Bien qu’ils soient dressés et domestiqués, les dauphins vivent au cœur d’un grand parc construit directement dans la mer, de sorte que l’eau de mer y pénètre directement, ainsi que les autres espèces de poissons. Ocean Adventures est le premier parc de sauvegarde et de secours des dauphins et autres espèces marines retrouvés blessés en mer aux Philippines. Le parc est extrêmement bien entretenu et les animaux y sont très bien soignés. Le parc accueille une vingtaine de dauphins, des tortues géantes et des requins.

Zack (un dauphin « bottlenose » ou dauphin commun) et Tonka (un « false killer whale », appelé fausse orque ou faux épaulard, la 3ème plus grande espèce de la famille des delphinidés) sont de grands joueurs. Par 11 mètres de profondeur, ils sont venus se faire caresser et se laisser accrocher pour nous embarquer dans leur sillage… Ils ont répondu à nos signes, ont chanté, dansé, tourné…
Tout ceci méritant bien, à chaque fois, un petit poisson…
Zack vous envoie son sourire ! et moi aussi !
Je ne saurais vous décrire la sensation du dauphin au toucher… Imaginez une grosse bouée en caoutchouc et ajoutez-y la tendresse du beurre…
Ajoutez-y encore la douceur même de l’animal, sa sympathie, son air rieur… et les 35 minutes que vous passez sous l’eau vous semblent bien trop courtes…
Encore un petit câlin le temps de quelques photos, mais c’est déjà le temps de les laisser… et même si c’est avec le plus grand regret qu’il faut les quitter, il faut savoir laisser à nos amis le peu de liberté qu’il leur reste…
Et voilà Tonka !

Une récompense bien méritée...


Sans oublier les tortues, évidemment !
Ceci dit, ils ne doivent pas être ennuyés trop souvent car nous étions les seuls à plonger ou nager avec eux… Le plus embêtant pour eux doit être ces centaines de touristes (philippins ou autres) qui viennent assister au spectacle… mais qui peut savoir ce que ressentent vraiment les dauphins, ces animaux tellement dociles et attachants ?

Ce 8 décembre 2012, j’ai réalisé mon rêve d’enfant… et grâce à cela, je continuerai encore longtemps de croire à mes rêves…

jeudi 8 novembre 2012

Palawan, pour rêver encore !

3 sirènes venues de Manille !

Non, je n'ai pas bu... juste essayé de prendre une photo en équilibre sur la coque du bateau !


Mes alcooliques... euh mes acolytes !!

La plage de (notre) débarquement !

La fameuse bangka philippine

Départ pour une pêche en famille au coucher du soleil

Notre bangka au coucher du soleil

Déjeuner sur la plage








Parmi les 7107 îles des Philippines, certaines sont juste de gros cailloux !

Vu de notre hôtel à Taytay

Fort Ste-Isabelle, de Taytay


Il a bien fallu abandonner le tricycle pour arriver à la cascade !


La spécialité de Casa Rosa, à Taytay, le curry... excellent ! Maman j'ai pensé à toi devant mes calamars !!


Chapelle du fort



A la prochaine, Palawan !!

On a enfin retrouvé le fantôme qui hante tant de Philippins !