En attendant de vous faire partager les instants papillon des enfants de Manille, j'avais envie de vous faire partager celui-ci... un texte que j'avais écris en Inde et que je viens de retrouver...
Le Petit Prince aux pieds nus
Pentecôte. En terre hindoue, l’Esprit Saint se prend à souffler.
Alors que j’attends des amis devant l’un des plus grands cinémas de New Delhi, un enfant, l’air un peu triste, abattu par son quotidien d’enfant de la rue, un enfant dont le visage dit les longues heures passées à se cacher ou à errer le long des quais de gare en quête… en quête de quoi au juste ? Cet enfant haut comme trois pommes dont je ne connais pas l’histoire vient me trouver. Il me demande une pièce, mais est-ce vraiment d’une pièce dont il a besoin ? Peut-être, oui, mais au fond de moi, je sens que c’est de bien plus que cela dont il a besoin… j’ai eu vent également des trafics qui consistent à utiliser les enfants pour rapporter de l’argent à la mafia locale… je ne souhaite pas entrer dans ce jeu…
Et pourtant, cet enfant est là, insistant… mais alors de quoi a-t-il vraiment besoin ? Assise sur les marches de ce cinéma, l’enfant, d’une dizaine d’années, s’accroche à mon bras… Peu à peu ma confiance s’installe en lui et la sienne en moi… et nous jouons ainsi tous les deux pendant un instant qui, des années plus tard, sera à jamais gravé dans mon cœur… Au fil des minutes se détache de ce Petit Prince aux pieds nus un éclat de rire aussi pur que le chant de la poulie…
Nous avons partagé tout simplement un peu d’amour qui, au son de sa voix, valait bien plus qu’une pièce de cinq roupies…
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