mardi 10 avril 2012

Voyager pour la Semaine Sainte… ou comment vivre un chemin de croix inattendu !!!

Les plans du départ – à savoir, aller dans les rizières au Nord – ayant été annulés, j’ai accepté avec joie la proposition de Nicolas (un autre volontaire de Virlanie) pour aller à Cebu pendant la Semaine Sainte. Qui dit Semaine Sainte aux Philippines, dit Jeudi Saint, Vendredi Saint, Samedi Saint et Lundi de Pâques fériés… Autant dire qu’il était hors de question de passer 5 jours à me morfondre à Manille… A cette époque, tous les philippins rentrent en province pour fêter en famille la résurrection du Christ, et tous les volontaires en profitent pour bouger…
C'est parti !!!
Jeudi Saint, au petit matin – le réveil me tirant du lit à 4h30 – nous avons pris l’avion pour Dumaguete. Nous avons pris dans nos bagages Clotilde qui vient juste d’arriver à la fondation… l’occasion de faire un peu mieux connaissance pendant ces quelques jours.
Dumaguete est une petite ville située dans le Negros Oriental, au Sud de Manille. Jusque là, pas de problème. Notre avions n’avait pas trop de retard ; nous avons trouvé un hôtel bien et pas trop cher ; nous avons pris le déjeuner face à la mer dans un resto excellent ; et nous avons trouvé un jeepney pour nous rendre sur une plage de sable brun à Dauin, à une demi-heure de la ville…

Devant l’air assez peu convaincant des gardiens du port, nous décidons de nous lever tôt le vendredi matin pour essayer de trouver un bateau nous conduisant à Bohol… Les yeux encore un peu collés d’une nuit trop courte, nous débarquons tout fiers et confiants au port pour constater qu’en ce Vendredi Saint, il n’y a absolument aucun bateau à Dumaguete (Pardonnez la petite révision des faits, mais Station 1 : Jésus tombe pour la première fois – à ce stade, il est déjà mal barré !!)…
Qu’à cela ne tienne, nous filons pour prendre un bus qui nous conduira à Sibulan où nous trouverons, par chance un bateau partant 30 minutes plus tard vers Liloan, sur l’île de Cebu – entre temps, nous avons du oublier l’idée d’aller à Bohol ce jour-là et changer notre itinéraire (Stations 2,3 et 4 qui se déroulent sans encombre si ce n’est la longueur du trajet – annoncé à 6 km… à vol d’oiseau, sûrement, mais ça, ce n’était pas précisé !)… A Liloan, tout continue sans problème ; On trouve un bus tout de suite pour nous emmener à Oslob où nous retrouvons l’espoir de nager avec les requins-baleines malgré le Vendredi Saint (ben oui, tous les transports se déroulant désormais sans encombre, tous les espoirs sont permis… D’ailleurs, sur le bord de la route, quelques panneaux nous rappellent : Foi, Amour, Espérance, Confiance…). Mais là… Station 5 : Jésus tombe pour la 2ème fois !
« Ah non, désolé, on est Vendredi Saint. Il n’y a pas de requins-baleines aujourd’hui »… Euh aussi seraient-ils partis faire leur chemin de croix ?? Ou plutôt profité que les touristes fassent le leur pour être enfin un peu tranquilles… Le fait est que, même si on a essayé de pleurer un peu, on s’est retrouvé le bec dans l’eau… et là, vous apprendrez qu’un Vendredi Saint, rien ne peut faire fléchir un Philippin !!!
Bref, pas vraiment le choix… essayons autre chose ! Re-belote… Attente du bus, trajet inverse et plus encore… Nous prenons le premier bus pour aller à Bato, puis de Bato à Moalboal, un endroit qui, paraît-il est magnifique… Paraît-il !!! A Moalboal, im-po-ssi-ble de trouver un hôtel libre… les gens (les touristes normaux, j’entends, pas les petits volontaires de Manille !) ont réservé paraît-il 2 à 3 mois avant et tout est archi-pris… On essaie plusieurs hôtels mais rien n’y fait. Pas même moyen de profiter de la plage qui ne contient pas un seul brin d’ombre… (Stations 6, 7 et 8 : Jésus tombe et retombe… et nous avec… on commence à en avoir raz-le-bol… sans compter que Moalboal pour tout lieu touristique qu’il soit ne nous paraît guère organisé pour le tourisme !)… Fatigués de tous ces bringuebalements, on se pose pour casser une croûte et décider du reste de notre journée (Station 9, 10 et 11 : « J’ai soif, donne-moi à boire »… Un Sprite, ça te va ??…Ce sera toujours mieux que du vinaigre !)…
Requinqués – un peu – nous reprenons le X-ème bus de la journée qui nous redescend à Kawasan où miracle, nous trouvons un petit hôtel en bord de plage, avec une chambre disponible… Le miracle tient à ce que la chambre soit dispo, non pas en la chambre elle-même car la proprio a dû nous voir venir et nous loue la chambre pour un prix exorbitant… mais elle sait aussi qu’on en a marre et qu’on serait prêt à tout pour se poser pour la nuit… Résultat : 1500 pesos pour une chambre en construction avec 2 lits simples pour 3 (sic !), des matelas pourris sortis d’on ne sait où et qui n’ont pas la même épaisseur, donc imaginez la super nuit, et un tuyauterie qui n’est pas terminée… Mais bon, ne nous plaignons pas, nous ne dormirons pas dehors… (Station 12 pas si mal finalement !)
Un peu de repos, enfin !
A la station 13, nous monterons à travers la forêt pour rejoindre des chutes d’eau très belles quoiqu’un peu trop encombrées de touristes (philippins, certes !)– mais paradoxalement peu d’entre eux dans l’eau… Cette baignade bien méritée est une belle récompense… mais la récompense suprême arrive à la Station 14 qui nous offre un magnifique coucher de soleil sur la plage qui borde notre pseudo-chambre… Finalement, tout nous laisse dans l’espoir d’un jour meilleur, dans l’Espérance de la Résurrection !!

magnifique coucher de soleil
C’est bien beau de vous raconter notre « chemin de croix » mais le journal que je trouve le surlendemain à l’hôtel me laisse plus perplexe en regardant les photos de quelques chemins de croix philippins… On a beau le savoir, les photos apportent la preuve de l’interprétation extrême des textes bibliques… En effet, il n’est pas rare, aux Philippines, que les pénitents procèdent à de réelles crucifixions avec clous, fouets et couronne d’épines… Heureusement, les quelques chemins de croix que nous avons croisés semblaient beaucoup plus cools…

Samedi Saint… la vie reprend petit à petit son cours et nous nous levons, comme d’habitude, aux aurores, avec l’espoir de retourner à Oslob pour cette fois, nager avec les butandings (les requins-baleines)… 4 bus passent dans le sens opposé, mais pas un dans notre sens… Se serait-on fourvoyé une fois encore ? Non ! Au bout d’une heure, le bus arrive enfin et vers 11h, nous arrivons enfin devant l’enregistrement pour aller nager avec les gentils géants, comme ils les appellent ici ! Il y a un monde impressionnant – c’est sûr, rien à voir avec la veille et les 3 pauvres volontaires perdus là…
Il faudra donc encore attendre près d’une heure et demie avant de pouvoir monter sur un bateau (et encore, parce que le gars a dû comprendre qu’il commençait à me chauffer sérieusement à nous prendre pour des c…) ! Toutes ces galères en valaient bien la chandelle ! Nous avons pu nager une bonne grosse demi-heure avec un requin-baleine de 4-5 mètres (les bestioles peuvent atteindre jusqu’à 18 mètres !)… se mettre à l’eau la première fois est un peu flippant, mais bon, on se rassure en se disant que ces bestioles ne mangent que du plancton qui leur est en partie fourni, d’ailleurs, par les bateliers, et ça c’est bien dommage, car je n’agrée guère avec le fait de nourrir les animaux sauvages et en plus, ça enlève toute la surprise…!! Sauf quand, par chance, comme ça a été le cas, une des bêtes vous passe dessous sans crier gare… un instant absolument magique !
Il peut désormais arriver n’importe quoi à la fin de notre week-end, on l’a fait ! on a nagé avec les butandings !! mais si vous voulez voir des photos, il vous faudra chercher sur Google car mon appareil n'étant pas étanche, il m'a attendu sagement sur la plage !!

Et finalement, après, tout se déroule pour le mieux… Nous reprenons un bus, puis un bateau sans encombre pour retourner à Dumaguete et après une course effrénée, nous arrivons, à 2 minutes près, à chopper le dernier bateau pour Bohol !!
Tout ceci mérite bien un petit plongeon dans la piscine de l’hôtel à notre arrivée à Tagbilaran !

Dimanche de Pâques ! Alleluia !
J’avoue qu’au départ, j’avais prévu de rentrer à Manille pour pouvoir être à la messe de Pâques à la paroisse française… Je reste un peu frustrée de ne pas avoir pû célébrer la Résurrection, mais bon, l’Alleluia a éclairé mon cœur toute la journée, malgré la fatigue…
Au programme, Chocolate Hills (je ne vous la refais pas, je vous l’ai déjà raconté il y a un mois… mais mes collègues ne connaissaient pas et c’était la dernière chance de Nico d’y aller !)… Puis toujours le même plaisir d’aller rendre visite aux tarsiers. D’ailleurs, entre nous soit dit, il est beaucoup mieux d’aller leur rendre visite au Centre de Recherche et de Développement des Tarsiers, un centre qui lutte pour leur protection… mais la plupart des touristes préfèrent aller les voir dans des attrape-touristes où ils vivent certainement dans de moins bonnes conditions…
Nous avons aussi visité un Centre de Conservation des Papillons où sont rassemblées plusieurs espèces magnifiques…


Encore un dernier bus, un dernier bateau, un dernier taxi et un dernier avion avant de rentrer à Manille rompus par les heures de trajets et les quelques déboires du week-end, mais comblés par les merveilles de la nature… ALLELUIA !!