Ce jour-là, après un formidable week-end de plongée à Mindoro, je vais à la rencontre d’une association dont les programmes se situent à Tondo, le quartier le plus pauvre de Manille. Celui aussi où se situe la « Smokey Mountain » dont je vous avais déjà évoqué mon premier passage...
La volontaire que je rencontre ce matin me propose donc d’aller faire un tour pour mieux comprendre leur travail. Nous arrivons à Tempo, un sous quartier de Tondo. Ce sont 34 bâtiments qui avaient été installés à l’origine pour être temporaires (d’où le nom de Tempo) pour les familles d’exilés ruraux venus à la capitale dans l’espoir de trouver du travail... Ces bâtiments sont restés et abritent aujourd’hui une centaine de familles chacun... Les habitants tentent d’y survivre sur leur montagne de déchets qu’ils trient et revendent à des usines qui les recyclent... En moyenne, le revenu est de 150 pesos (moins de 3 euros) par jour, mais ce n’est pas tous les jours... et avec cela, il faut faire vivre toute une famille !
De fait, le revenu moyen par famille ne permet pas de subvenir aux coups durs... L’association rencontrée met en place un système d’épargne pour les familles du bidonville... A coup de 1 peso minimum par jour, les familles sont invitées à constituer un petit capital qu’elles pourront utiliser pour un accouchement, pour des soins ou tout simplement pour offrir un petit jouet à leurs enfants pour Noël... Les familles les plus assidues au programme d’épargne réussissent tant bien que mal à garder à la banque, via l’association, un petit capital de 10 000 pesos en 3 ans, soit environ 175 euros.
Nous avançons un peu plus dans le quartier... Mon regard se pose sur quelques tables installées sous un abri. Plusieurs personnes sont entrain de jouer aux cartes. Ma première pensée est de me dire que dans un tel environnement, il est bon de se divertir un peu... La volontaire qui m’accompagne me dit quelque chose que je ne saisis pas tout de suite...
Quelques mètres plus loin, d’autres personnes sont entrain d’installer des tables et sortent des jeux de Majong. Derrière eux trône un cercueil... J’ai tendance à croire que la mort ici est une vraie célébration... Est-ce pour élever l’âme ? Est-ce pour ne pas se morfondre sur sa condition d’habitant du bidonville ?
Non, en réalité, les familles installent là ces quelques tables et ces jeux autour du cercueil... puis chacun commence à parier et jouer, les habitants du bidonville comme la famille du défunt... Cette dernière espère remporter la mise pour pouvoir payer les funérailles... C’est leur seul espoir de pouvoir offrir un dernier A-Dieu digne à leur proche. Les autres personnes viennent jouer non par compassion mais par appât du gain... A un moment, la famille du défunt aura remporté suffisamment d’argent pour accompagner leur défunt vers sa dernière demeure... Cela peut durer 15 jours... Je passe sur les odeurs qui doivent se dégager du cercueil au bout de tout ce temps !
Grâce au programme d’épargne mis en place, les défunts auront peut-être moins à attendre avant de pouvoir être enterrés dignement !
La volontaire que je rencontre ce matin me propose donc d’aller faire un tour pour mieux comprendre leur travail. Nous arrivons à Tempo, un sous quartier de Tondo. Ce sont 34 bâtiments qui avaient été installés à l’origine pour être temporaires (d’où le nom de Tempo) pour les familles d’exilés ruraux venus à la capitale dans l’espoir de trouver du travail... Ces bâtiments sont restés et abritent aujourd’hui une centaine de familles chacun... Les habitants tentent d’y survivre sur leur montagne de déchets qu’ils trient et revendent à des usines qui les recyclent... En moyenne, le revenu est de 150 pesos (moins de 3 euros) par jour, mais ce n’est pas tous les jours... et avec cela, il faut faire vivre toute une famille !
De fait, le revenu moyen par famille ne permet pas de subvenir aux coups durs... L’association rencontrée met en place un système d’épargne pour les familles du bidonville... A coup de 1 peso minimum par jour, les familles sont invitées à constituer un petit capital qu’elles pourront utiliser pour un accouchement, pour des soins ou tout simplement pour offrir un petit jouet à leurs enfants pour Noël... Les familles les plus assidues au programme d’épargne réussissent tant bien que mal à garder à la banque, via l’association, un petit capital de 10 000 pesos en 3 ans, soit environ 175 euros.
Nous avançons un peu plus dans le quartier... Mon regard se pose sur quelques tables installées sous un abri. Plusieurs personnes sont entrain de jouer aux cartes. Ma première pensée est de me dire que dans un tel environnement, il est bon de se divertir un peu... La volontaire qui m’accompagne me dit quelque chose que je ne saisis pas tout de suite...
Quelques mètres plus loin, d’autres personnes sont entrain d’installer des tables et sortent des jeux de Majong. Derrière eux trône un cercueil... J’ai tendance à croire que la mort ici est une vraie célébration... Est-ce pour élever l’âme ? Est-ce pour ne pas se morfondre sur sa condition d’habitant du bidonville ?
Non, en réalité, les familles installent là ces quelques tables et ces jeux autour du cercueil... puis chacun commence à parier et jouer, les habitants du bidonville comme la famille du défunt... Cette dernière espère remporter la mise pour pouvoir payer les funérailles... C’est leur seul espoir de pouvoir offrir un dernier A-Dieu digne à leur proche. Les autres personnes viennent jouer non par compassion mais par appât du gain... A un moment, la famille du défunt aura remporté suffisamment d’argent pour accompagner leur défunt vers sa dernière demeure... Cela peut durer 15 jours... Je passe sur les odeurs qui doivent se dégager du cercueil au bout de tout ce temps !
Grâce au programme d’épargne mis en place, les défunts auront peut-être moins à attendre avant de pouvoir être enterrés dignement !