lundi 8 avril 2013

3 in 1 !



Non, je n’ai pas l’intention de vous parler de la célèbre formule de café philippin – café, sucre, lait, sans autre choix !! mais bien de là où m’ont menée mes pas ces derniers temps… avec un effet tout aussi énergisant que le café « 3 in 1 » ceci dit !

Pan-Talong à la baie d'Halong

Mon nouvel ami ayant, comme vous le savez, la bougeotte et l’envie de découvrir le monde, c’est avec lui que j’ai pris l’avion fin février en direction d’Hanoi.
Le lendemain, m’ont rejoint mes très chers collègues indiens, Vikas et Devika.

Arrivée à l’aéroport en pleine nuit, mes premiers pas dans la ville me mènent dans un petit restaurant en terrasse où je prends un petit déjeuner traditionnel, une soupe de vermicelles, que je partage avec Pan-Talong, évidemment, tout en discutant avec l’une des serveuses qui est ravie que j’accepte de parler… Apparemment, elle me dit que les touristes discutent peu avec les locaux… Il faut dire que les vietnamiens ne parlent pas vraiment anglais, donc ça complique l’échange… Mais elle, Thuong, fait des études pour être guide touristique et travaille à mi-temps dans ce restaurant pour payer ses études, et aussi pour mettre un peu de côté parce qu’elle espère épouser son amoureux l’an prochain !! Tout commence donc à merveille dans ce nouveau pays qui m’accueille…


Pan-Talong goûte sa première soupe vietnamienne, se balade à la baie d'Halong, et surtout fait la connaissance de Miss Vietnam... au grand damne de Vikas !!

Quelques heures plus tard, je découvre les boui-bouis d’Hanoi où je goûte à mon premier Bún chả, une merveilleuse soupe de vermicelles à la viande grillée accompagnée de nems, avec ma collègue vietnamienne Phuong. J’en ai encore l’eau à la bouche… Il était encore meilleur car offert par Phuong pour me souhaiter la bienvenue à Hanoi… mais après un an et demi à Manille, c’est pour moi incroyable de me dire qu’on peut manger sainement et un plat excellent dans un boui-boui et pour moins de 2 euros…

Ma nouvelle collègue !!
En début d’après-midi, Devika est arrivée toute pétillante à l’hôtel. Nous faisions connaissance et nous avons beaucoup rigolé… J’adore l’écouter parler français !! « Je parle un petit peu français !» Je n’ai pas arrêté de l’embêter à partir du moment où elle a prononcé cette phrase avec son joli petit accent… Il faut dire qu’elle débute et que le but ultime était d’être prête pour l’entretien de fin mars pour qu’elle soit recrutée comme la nouvelle représentante nationale Inde de France Volontaires… Et ça a fonctionné !!

C’est donc de bonne heure et de très bonne humeur que nous sommes partis tous les trois le 28 février jusqu’à la baie d’Halong. Pendant deux jours, nous avons eu pour nous seuls une jonque à l’intérieur superbe… J’avoue, à force de bosser pour France Volontaires, je vais commencer à avoir des goûts de luxe !! Bon, pour mon bien-être mental et moral, je prône toujours la simplicité, mais parfois, il n’y a pas de mal à se faire du bien !! Le tout est de trouver le bon équilibre !!







Le temps, malheureusement, n’était pas de la partie… alors qu’il parait qu’au même moment à Hanoi, il faisait un temps magnifique ! Ceci dit, la baie d’Halong sous le brouillard, ça a aussi un certain charme, mais cela ne nous a pas permis d’en profiter autant que nous aurions voulu… pas de baignade et pas de kayak…
Au retour à Hanoi, nous avons retrouvé le reste de la fine équipe pour partir le lendemain à quelques kilomètres de là, à la Ferme du Colvert… C’est sûr que dit comme ça, on n’imagine pas trop que c’était pour 4 jours intenses de travail… et pourtant !! Nous avons bien bûché et à défaut de nous réchauffer les pieds et le bout des doigts, nous avons fait chauffer les neurones… Il faisait vraiment super froid, et forcément, en arrivant de mes contrées où la température ne descend jamais au dessous de 27°C, je n’avais guère l’équipement adéquat ! Heureusement, le temps s’est un peu réchauffé à partir du 3ème jour. Il faut dire qu’on devient adepte des réunions en extérieur et en bord de l’eau depuis notre réunion à Kampot l’an dernier… mais si c’était magnifique, il faisait quand même quelques degrés de moins qu’au Cambodge !

Après quelques jours supplémentaires de travail à Hanoi, une réparation d’ordinateur et quelques Bún chả (histoire de confirmer qu’ils sont vraiment délicieux partout !) plus tard, j’ai repris mon avion le samedi au petit matin pour arriver à Manille à 5h du matin et enchaîner avec l’animation de notre première séance de caté avec 6 enfants, ma foi, bien agités et pas très motivés pour se lever tôt le dimanche matin… Heureusement, ma cop’s Cathy, qui est volontaire à Virlanie, me prête main forte pour ce défi qui m’a été légué par Laurence !! Ah oui, parce que je ne vous ai pas dit, mais Laurence et sa petite famille sont rentrés en France… Snif, et re-snif !!

Une formation photo avec la Fédération des Photographes Philippins

Sans transition (ou presque) en revenant d’Hanoi, j’ai enchaîné par une semaine de formation photo. Là aussi, une semaine bien intense et exigeante… mais ô combien sympathique. Nous étions 18 passionnés briefés par des photographes professionnels (bon, ok, il y a eu une journée et demie vraiment soporifique, mais autrement, c’était super !)…
Désormais, il faut mettre en pratique… parce que cette formation, ce n’était pas que pour le fun, mais bien pour répondre à un projet professionnel… L’idée est de créer une exposition sur le volontariat français aux Philippines… Suite au prochain épisode !
Les intervenants à qui j’ai eu l’occasion d’expliquer le projet ont tous été très enthousiastes et l’un d’eux m’a même proposé son soutien personnalisé. George devrait donc m’accompagner sur quelques séances photos de volontaires… Quelques-unes de ses œuvres sont ici : http://www.lightstalkers.org/george-v-cabig pour le plaisir des yeux, tout simplement !

Week-end de Pâques au paradis

Souvenez-vous de Pâques l’an dernier et mon chemin de croix qui devait me mener jusqu’aux requins-baleines…
Cette année, il était hors de question de recommencer l’expérience des transports philippins en jours fériés… C’est donc sur l’île de Malapascua que Cathy et moi avons décidé d’aller poser nos sacs pendant 5 jours… et en guise de requins, cette année, ils étaient renards…

Jeudi Saint, aux premières heures du matin, à 3h très exactement, nous avions rendez-vous devant chez Cathy avec le chauffeur de taxi (finalement, il avait bien fait, lui, de me laisser son numéro !)… A l’aéroport, force était de constater que les expats et volontaires français ont tous eu la même idée d’échapper à Manille pour ces 5 jours !
A 6h du matin, les yeux encore bien endormis, nous devions déjà jouer du coude pour entrer dans un bus bondé où nous avons passé près de 4 heures debout… Ah décidément, voyager aux Philippines un week-end de Pâques, un vrai plaisir !!! 




 











Mais je dois avouer que je ne m’attendais pas au résultat de ce voyage… Je crois qu’en un an et demi aux Philippines, c’est la première fois que je tombe vraiment sous le charme d’un lieu… D’accord, il y a eu Palawan et ses eaux exceptionnelles, mais Malapascua a en plus le charme du petit village qu’elle abrite…
L’île mesure 3km de long sur 1km de large et ne compte que 4 ou 5000 habitants qui, malgré l’affluence des plongeurs, sont encore préservés du tourisme de masse et de tous les travers qu’il comporte… Aussi, lorsque vous dîtes non au petit gars qui essaie de vous vendre deux babioles, il ne vous tient pas la jambe pendant deux heures mais s’éloigne avec le sourire…


A moitié rassurée, le réveil a sonné le samedi matin à 4h30…  Alors que le soleil avait rendez-vous avec la lune, j’avais, moi, rendez-vous avec les requins-renards… Première plongée à 30 mètres… Ouh ouh… Ca ne rigole plus !! Malgré des problèmes de matériel, surtout un masque qui prenait l’eau, l’expérience valait le détour… Un premier palier à 15 mètres au bord d’un mur, puis la descente du mur… Je faisais moins la fière, je vous assure !! Au loin, j’aperçois un énorme poulpe, celui-là même qui va servir de repas aux requins-renards et je me dis que je n’aimerais vraiment pas être à sa place !! Mon buddy me tire par la manche… Là, là… Le premier requin-renard était là… suivi de deux autres un peu plus tard qui se sont approchés à quelques mètres de nous…
Remontée à la surface, fière et heureuse… et prête pour une deuxième plongée relax à 11m avec Cathy !!

L'un des trois requins-renards

Désormais, j’ai le droit de plonger à 30m donc j’espère bien que dans un avenir proche je vais recommencer l’expérience…

Dimanche de Pâques. Yolli, un local, nous avait envoyé un message disant qu’il n’avait pas trouvé assez de personnes pour un périple sur l’île de Kalangaman. Un comble pour une île malgré tout touristique mais cela confirme que sur Malapascua, ce n’est pas encore le tourisme de masse, et heureusement… surtout, que ça reste aussi calme et convivial !

Kalangaman
Toutefois un peu déçues, nous allons tranquillement au club de plongée pour récupérer les photos des requins-renards… Surprise, sur le tableau des plongées, un bateau part pour Kalangaman à 9h… Zut, il est 9h05… Les plongeurs sont partis depuis 5 minutes ! Et vous pensez qu’il y a moyen de les rattraper ? Oui, mais il faut prévoir un déjeuner… Petit calcul rapide… Cathy court sur la plage… Par chance, le club de plongée oublie toujours une partie de l’équipement donc ils sont encore là !!! On attrape deux bananes et deux portions de riz au passage… On paiera plus tard !! Et on court rattraper le bateau !!
En route pour un bout de sable aux eaux rendues encore plus turquoises par le temps grisâtre !! Je vous laisse admirer quelques photos qui parlent bien mieux que des mots de cet instant magique… Un peu moins magique le retour sous la pluie et les vagues… Ca ne secouait pas trop mais on était à essorer en arrivant !!

Ce genre de week-end devrait exister plus souvent parce que, pour déconnecter de l’affreuse ville de Manille, y a pas mieux !!



A Malapascua, les "étoiles de la mer", elles sont de toutes les couleurs, et elles font des bébés à 3 !!!



jeudi 14 février 2013

Mon ami Pan-Talong...



Qui se ressemble s'assemble !

Il est des signes qui ne trompent pas… A l’heure où mon amie Laurence s’apprête à reprendre l’avion pour la France avec toute sa petite famille (snif ! et re-snif !), un nouvel ami m’est arrivé sans bruit pour me permettre de continuer à vivre de folles aventures…

Je vous le présente… Voici Pan-Talong !!! Nu comme un ver, ou plutôt comme une aubergine philippine (« Talong », en tagalog dans le texte !!), Pan-Talong est un peu simple d’esprit et souffre d'un lézer sssstrabissme, mais il est avide de découvertes…

Un peu gourmand aussi, si bien qu’à peine arrivé à la maison, il s’est jeté sur le merveilleux fromage de chèvre que j’avais acheté… Il faut dire que trouver du fromage de chèvre aux Philippines, c’est quand même pas commun… mais Pan-Talong a eu la bonne idée de naître au sein de l’Enchanted Farm de l’association Gawad Kalinga, et là, on y fabrique peut-être l’unique fromage de chèvre du pays !! Et il est délicieux… Pan-Talong le confirme (même s’il n’a pas compris qu’avant de manger du fromage, il faut enlever le cellophane !) !!




Pan-Talong, il faut enlever le papier !!


Gawad Kalinga, donc, outre le lieu de naissance de Pan-Talong, est une association qui a été créée en 1995 par Tony Meloto (un Rajagopal à la Philippine, mais pas tout à fait quand même parce que faut pas abuser… Rajaji est unique en son genre !)… L’objectif de Gawad Kalinga est de lutter contre l’extrême pauvreté grâce à l’entreprenariat social… Ambitieux, la mission que s’est donné Tony Meloto :
Eradiquer la pauvreté pour 5 millions de familles d’ici 2024 et restaurer la dignité humaine.
De la terre pour les sans terre
Un toit pour les sans toit
A manger pour les affamés.

Pour cela, Gawad Kalinga a développé un concept Village-Ferme-Université dont le prototype est né il y a 2 ou 3 ans à Bulacan et vise à être reproduit dans d’autres îles des Philippines.
Le principe ? Gawad Kalinga construit en premier lieu un village de bénéficiaires issus de la grande pauvreté. A Bulacan, là où est né Pan-Talong, ce sont ainsi 50 familles qui ont bénéficié d’un toit grâce à l’association. La vocation n’est pas qu’ils restent là ad vitam… mais pendant le temps qu’ils restent, Gawad Kalinga les forme à diverses activités génératrices de revenus : transformation alimentaire, construction de jouets en bambou, fabrication de sacs et de peluches… Voilà comment Pan-Talong est né des mains agiles d’une bénéficiaire du programme… Comme ses frères et sœurs étaient jaloux et voulaient aussi être adoptés, j’ai aussi accueilli sa sœur Osso-Buko, la noix de coco (« Buko » en tagalog dans le texte !!) et Manga-Niaise, la mangue timide ! La famille étant ultra nombreuse (ben, oui, ils sont nés avant la loi sur la santé reproductive !!), j’ai dû laisser sur place bien d’autres enfants (la banane (ah non, celle-ci, je l’ai mis en pension…), la pastèque, l’ananas, et que sais-je encore ?!).
Mais revenons à nos moutons… ou plutôt à nos chèvres ! Tony Meloto rêve d’avoir des moutons nous a-t-il dit, mais pour le moment, il n’y a que des chèvres, quelques vaches et un cheval… Parce que l’idée étant de former les bénéficiaires à la transformation alimentaire, la Ferme Enchantée est passée de 2 hectares à 31 hectares de terrain en 2 ans sur lesquels l’association cultive toutes sortes de légumes et de fruits (la dernière acquisition est un verger de 11 ha de mangues ! un paradis !!) et élève des bêtes, y compris quelques coqs de combat (sinon, on ne serait pas aux Philippines, n’est-ce pas ?!)…
Parmi les produits fabriqués, il y a donc des œufs salés sans colorant (autre grande spécialité philippine peu au goût de nos palets occidentaux !), le fameux fromage de chèvre, du chocolat à la mangue salée (il paraît qu’il est excellent mais il n’y en avait plus en stock… et puis, un mercredi des Cendres, ça n’aurait pas été raisonnable !!).

Potentiellement, Gawad Kalinga représente aussi un terrain d’action sans mesure pour moi (enfin, pour France Volontaires) puisque chaque année, l’association reçoit énormément de volontaires (ou plutôt stagiaires) français… Je croyais qu’il était difficile de battre le nombre de volontaires de Virlanie, mais si, c’est faisable… L’an dernier, Gawad Kalinga a accueilli 500 volontaires français dans l’année ! Je serai donc amenée à y retourner, l’occasion pour Pan-Talong de revoir sa communauté !!

En attendant, Pan-Talong vous tire sa révérence !

Siiiir... Mâaaaam... See you soon!!

mercredi 16 janvier 2013

Cher défunt, vous prendrez bien une bière ?!



Depuis un an et demi que je vis à Manille, je dois avouer que ce n’est toujours pas la ville qui recèle le plus de curiosités… et pourtant, en ce début d’année 2013, accompagnée par Laurence et ses parents, après nous être délectés de la galette des rois chez Monsieur l’Ambassadeur, nous sommes allés dans un lieu pour le moins étonnant…
Un blog que j’ai découvert dresse pour ce lieu une annonce immobilière très bien vue :

Quartier résidentiel calme, sécurisé (barrière à l'entrée) et bien aménagé autour d'allées bordées de palmiers. La circulation automobile y est réduite et les voisins ne sont pas dérangeants.

Chaque maison (un ou deux étages selon vos exigences de standing) dispose de toilettes et d'une chambre à coucher deux places (troisième place pour une seconde épouse sur demande). Possibilité d'avoir une cuisine, un jardin, l'air conditionné, l'électricité et l'eau courante. De plus petits appartements sont également disponibles à la location.

Quelque soit votre religion (catholique, bouddhiste ou taoïste) vous trouverez forcément un lieu de culte à moins de 5 minutes de chez vous.

Trois conditions:

1. Etre riche.
2. Etre chinois.
3. Etre mort !

ADRESSE: Cimetière chinois,LRT-1 Abad Santos Station, Metro Manila.


Ah, le cimetière chinois… quelle idée d’aller ce balader dans un cimetière ?

J’en avais entendu parler, je me doutais bien que c’était à voir. J’avais vu quelques photos, mais je m’attendais à tout autre chose. Des familles qui vivent dans le cimetière ? C’est chose commune à Manille, mais alors que dans les autres cimetières, les familles vivent entre les tombes, ici, elles vivent dans les tombes… et pour cause, chaque tombe (ou presque) est une vraie maison avec au minimum salle de bains et WC… On ne sait jamais, si les morts ont une envie pressante !!


Laurence et ses parents dans une des rues du cimetière








Mais au cours de la déambulation au milieu de ces rues – oui, de véritables rues, avec des vrais noms… il faut bien ça pour se repérer sur 44 hectares ! – notre œil se pose sur mille et une bizarreries… Je me fais un délice de vous en relater quelques-unes.

Jésus, Bouddha et Confucius vous souhaitent la bienvenue !

La plus vieille tombe...
Il y a tout d’abord la plus vieille tombe du cimetière. Pour mon plus grand bonheur, cette tombe à la forme d’une tortue… Le cimetière a été construit à la fin du 19ème siècle pour parer l’interdiction imposée aux chinois qui n’avaient pas le droit d’enterrer leurs morts dans les cimetières catholiques durant la colonisation espagnole. Pourtant, aujourd’hui, le temple qui nous accueille à l’entrée sud du cimetière (il y a 4 entrées) fait se côtoyer de près Bouddha, Confucius et… Jésus (et même Marie !)…

Cette tombe-tortue est voisine de la tombe la plus prestigieuse du cimetière, celle surnommée la Maison Blanche. Le caveau blanc, sur 2 étages, abrite les dépouilles de la famille Lim. Lim Om est la co-fondatrice du cimetière, cela lui valait bien une tombe avec climatisation, étage, salon, WC et tout le confort nécessaire… Il faut dire qu’ici, tous les dimanches, les chinois de Manille viennent visiter leurs morts, et l’air frais des caveaux est propice à une petite sieste, faire une bonne partie de Majong ou regarder la télé… alors, tant qu’à faire, il faut parer à toute éventualité et pouvoir se servir une petite bière dans le frigo, soulager sa vessie, etc. On dirait plus un hôtel des bords de mer, avec ses palmiers !

Comme un petit air de maison de vacances...éternelles !
Une petite bière Mr Li ?

















En parlant de bière, certains doivent avoir envie de trinquer avec leurs morts car il n’est pas plus étonnant de trouver sur les tombes une canette de Pilsen attendant d’être partagée…



 




















Mais revenons à l’extravagance des tombes. Celle-ci serait due au respect des aînés, aux traditions ancestrales et surtout aux croyances chinoises selon lesquelles si les rites ne sont pas convenablement accomplis, les défunts peuvent jeter des sorts à ceux qui restent ! Chaque tombe est ainsi également agrémentée d’une petite cheminée où les familles brûleront des morceaux de papier et de feuilles d’or pliées à la manière d’un lingot ou des billets pour qu’ils s’envolent vers l’au-delà et apportent la prospérité à ceux qui restent…

Et en matière de communication avec l’au-delà, les chinois semblent s’y connaître… Certains ont même installé, paraît-il, une boîte aux lettres sur la tombe de leurs défunts… on ne sait jamais !!

Certaines tombes ont la cuisine, le lustre en cristal, la piscine gonflable…

En tous cas, l’annonce immobilière de cette jeune blogueuse ne ment pas… les voisins ne sont pas dérangeants ! Et même si une dizaine de familles habitent en permanence dans le cimetière, probablement parce que, faute de moyens après avoir tout dépenser dans la construction du tombeau familial, ils n’ont pas pu se loger ailleurs, sur 44 hectares, il n’y a pas de quoi réveiller les morts !

D’un tout autre genre, le lendemain, nous sommes allés visiter le cimetière américain… il faut croire qu’on aime ça !!


Comme tout cimetière américain qui se respecte, c’est un dédale de croix blanches parfaitement ordonnées sur plus de 60 hectares. On y compte pas moins de 17 097 pierres tombales dont 16 933 croix latines et, au milieu d’elles, 164 étoiles de David. Sur certaines croix figurent l’inscription « Ici repose dans l’honneur de la gloire un camarade d’armes connu de Dieu seul ». Le cimetière américain rend ainsi hommage à 3 740 soldats inconnus.
Je continue dans ces chiffres impressionnants… 36 286 sont « manquants à l’action » dont les noms figurent sur d’immenses murs formant un hémicycle, 29 médaillés d’honneur sont enterrés ici, et on dénombre 20 fratries !

Il s’agit du plus grand cimetière américain d’outre-mer… Et dire que la plupart de ces hommes avaient tout juste 20 ans lorsqu’ils sont tombés pour leur pays pendant la 2nde guerre mondiale, en voulant libérer les Philippines des attaques japonaises.
Vingt-cinq magnifiques mosaïques rappellent l’histoire de la libération des Philippines.
Et au cœur de « l’autel », où une magnifique vierge en mosaïque est représentée, s’élève à heures régulières une musique rendant hommage à ces soldats…
Les 36286 noms des soldats manquant à l'appel
Le plan de libération en mosaïque
La Dame de l'autel...







Pour conclure cette petite balade historique, nous avons vécu un moment non moins historique… Le 16 janvier 2013, nous avons mangé un… kouign-amann à Manille !! Et Dieu sait qu’il était bon !!
Un succès breton assuré dans ce pays qui apprécie la nourriture que si elle est grasse et sucrée à souhait... Le kouign-amann de Wildflour fond dans la bouche comme une pure motte de beurre !!