lundi 3 février 2014

I survived Banaue!!



En rouge, le trajet en voiture. En orange, à pied

Oui, j’ai survécu aux rizières en terrasses de Banaue ! C’était dur ! On en a bavé… et dire qu’en voyant les t-shirts « I survived Banaue rice terraces » au début, on a souri… mais à la fin, on était bien heureux de pouvoir dire, en montant l’ultime marche : We survived!!!
Et des marches, on en a monté et descendu un sacré paquet, des centaines, des milliers… mais pour une vue… époustouflante !

1er jour. Après 10 heures de bus, on est arrivé au petit matin à Banaue. Le temps d’avaler un petit dej et de retrouver notre guide et nous étions partis. En voiture tout d’abord, avec un arrêt sur le point de vue qui a inspiré le dessin des billets de 1000 pesos (cliquez pour la comparaison !)… puis le van nous a laissé au bord du chemin. C’était parti pour trois jours de trek à travers les rizières, accompagnés de Jun, notre guide qui a eu la merveilleuse idée dès le départ de nous dégoter des compagnons de marche qui se sont révélés tellement utiles… des bâtons…
La vue qui a inspiré le billet de 1000 pesos
Le premier jour ne m’a pas semblé trop difficile, alternant entre chemins de terre en forêt majoritairement, marches, bords de rizières plats mais parfois très étroits, points de vue magnifiques. Le temps était idéal, ensoleillé mais pas trop chaud grâce à l’abri de la forêt. En arrivant au petit village de Pula toutefois les premières douleurs musculaires étaient bel et bien présentes ! Et au bout de ces 5h30 de marche, on était bien content de prendre un peu de repos chez notre hôte du jour, Aurelia. Aurélie et Guillaume, eux, étaient déjà un peu découragés pour la suite, sachant que le lendemain allait être plus dur ! Mais quand vous avez fait ce premier bout de chemin, vous n’avez guère le choix que de continuer… Il n’y a aucune route où trouver l’espoir d’un véhicule !! Moi, malgré les douleurs, j’ai gardé ma motivation au super beau fixe ! Quel bonheur d’être dans les montagnes, loin de la pollution de Manille !
Pour nous requinquer, Jun nous a cuisiné du riz… de Banaue (of course ! bien que tristement et comme souvent, les habitants du coin, ceux-là même qui cultivent un excellent riz bio, n’ont pas les moyens de le consommer car il est 4 à 5 fois plus cher que le riz importé de je-ne-sais-où) et un très bon poulet au curry. Après ce succulent repas et un petit thé au coin du feu (il ne faisait vraiment pas chaud !), on n’a pas demandé notre reste pour aller se coucher ! 10h de bus de nuit, 5h30 de marche et un village super calme ont eu raison de nous en moins de deux pour nous entraîner dans une longue nuit réparatrice…
Heureux d'arriver à Pula !

2ème jour. Jun nous a préparé des énormes pancakes à la banane pour nous donner des forces… En attendant qu’Aurélie et Guillaume se lèvent, j’ai joué avec Intan, la fille d’Aurelia, une petite coquine qui aime bien aussi les pancakes de Jun !
Les supers pancakes de Jun !
9h15, il était temps de dire au revoir à nos hôtes de la tribu Ayangan qui peuple ce petit village de Pula, une des tribus du groupe Ifugao.
Les premières marches ont été un peu rudes, réveillant les courbatures de la veille, mais mes jambes se sont vite réchauffées et j’ai filé en tête, comme la veille. Il faut dire qu’Aurélie a le vertige et que les tourtereaux n’ont jamais eu l’habitude de marcher en montagne ! Et puis, je ne risquais guère de me perdre… il n’y a qu’un seul et unique chemin ! Et ce « chemin » entre Pula et Batad, il est assez terrible car il est fait à une bonne majorité de marches qui montent, qui descendent, qui ont toutes les formes, toutes les hauteurs ; elles sont en terre, parfois glissantes car il pleuvait en fin de journée ; elles sont en béton, en pierre… Certains escaliers sont faits de pierres qui dépassent à peine du mur et quand on arrive en haut de ce genre d’escalier, les jambes un peu tremblantes des heures de marche et d’efforts précédents, on a que cette réflexion à la bouche « Oh purée !! », puis on passe ce cap délicat (avec la main bienveillante de Jun quand c’est vraiment trop galère)… et petit à petit, on arrive au village de Cambulo pour le déjeuner. Chaque pause est à la fois salvatrice et terrible parce que les muscles se refroidissent vite et les premiers pas sont toujours une torture… surtout qu’après cette pause-là, la pluie a décidé de nous accompagner jusqu’à Batad, mais la récompense est toujours au bout du chemin… Batad, classé au patrimoine mondial de l’UNESCO !
Arrivée humide à Batad
Ce soir-là, outre une vue magique sur les rizières de Batad, ce sont les masseuses de l’hôtel qui nous « sauvent » à la fin de ce deuxième jour de trek ! Elles sont vraiment spécialisées dans le massage aux marcheurs et même si, sur le coup, c’est un peu une torture à chaque fois qu’elle passe le doigt sur mes muscles endoloris et qu’elle fait craquer ma cheville d’une façon peu rassurante, je dois bien avouer que ma cheville gauche ne s’est jamais sentie aussi bien qu’après ce massage et j’ai béni ma masseuse toute la journée du lendemain. Sans ça, je crois que ma cheville aurait vraiment souffert… Bon, ok, tout le reste du corps a souffert malgré tout !!

J'ai suivi... et ça faisait sacrément du bien !
3ème jour. La nuit à Batad a été beaucoup moins reposante que la précédente et pourtant, à 8h30, j’étais au taquet pour aller voir les chutes que plusieurs personnes nous avaient vantées. Aurélie et Guillaume étaient beaucoup moins chauds ! Mais tant qu’à souffrir et à être à Batad, autant ne rien louper, fatiguée ou pas fatiguée, mal ou pas mal partout !

Ma motivation a finalement entraîné Aurélie dans son sillage… puis Guillaume qui nous a accompagnées jusqu’à mi-chemin…Encore des marches pour descendre jusqu’au village… puis des marches pour remonter de l’autre côté au départ… des marches pour la cascade…

 













Des marches, des marches, des marches...
A l’aller comme au retour, en descendant comme en montant, ces marches vers la cascade ont sans doute été les pires parce qu’elles étaient sacrément raides et que c’était, certes, un peu présomptueux pour un troisième jour ! Mais la baignade dans l’eau glacée de la cascade nous a tonifiées. Des marches pour retourner à l’hôtel, récupérer nos affaires… Des marches, des marches, des marches… Et les dernières marches, après encore trois bonnes heures de… marche(s), je les ai faites en courant… et oui ! un regain d’énergie pour laisser passer… un mort !! A l’arrivée à Bangaan (aussi au patrimoine de l’UNESCO !), nous sommes tombés sur une procession mortuaire. Les fils de la famille portent le cercueil à dos d’hommes jusqu’au village… mais comme il n’y a qu’un seul chemin passant sur les rebords des rizières larges de 25 cm au maximum, il fallait faire vite pour les laisser passer ! Et monter les dernières marches était aussi une belle victoire !
Foi de tous ceux qui ont fait un trek dans les rizières de Banaue, bons marcheurs ou pas, c’est magnifique mais super physique !
YES... we sur-vi-ved!!! Arrivée à Bangaan
Après une nouvelle nuit de bus et 3h30 de sommeil, les marches du bureau et de Makati m’ont paru bien plus simples mais tellement moins belles !

Et quelques photos supplémentaires, parce que c'est quand même trop beau !

Intan

Femmes Ifugao
Statue traditionnelle Ifugao
Jun préparant les pancakes !



Notre hôte Aurelia, à Pula
Et ce n'est que le début !

Une femme du village de Pula







c'est pas large quand même !




Pour changer des marches... un pont pas rassurant du tout !

arrivée à Batad


Batad sous le soleil et vu de notre chambre


deux touristes en costume traditionnel !

Maison traditionnelle faite de 3 parties. A droite, le temple du riz. Au milieu, le grenier à riz. A gauche, la maison d'habitat dite "maison de la fertilité" !




Mon Dieu, mais comment on va faire ?!

Et on garde le sourire malgré les douleurs !
Aurélie grimpe la dernière marche et Jun félicite Guillaume !