lundi 5 décembre 2011

Je connais des bateaux !


Voilà 2 mois que je suis arrivée à Manille. Les instants de joie et ceux plus difficiles résonnent profondément lorsque j’écoute ce chant de Mannick et que je pense fort à vous tous qui me manquez énormément… Je vous le partage (une fois de plus !!)…

Je connais des bateaux qui restent dans le port
De peur que les courants les entraînent trop fort,
Je connais des bateaux qui rouillent dans le port
A ne jamais risquer une voile au dehors.

Je connais des bateaux qui oublient de partir
Ils ont peur de la mer à force de vieillir,
Et les vagues, jamais, ne les ont séparés,
Leur voyage est fini avant de commencer.

Je connais des bateaux tellement enchaînés
Qu'ils en ont désappris comment se regarder,
Je connais des bateaux qui restent à clapoter
Pour être vraiment surs de ne pas se quitter.

Je connais des bateaux qui s'en vont deux par deux
Affronter le gros temps quand l'orage est sur eux,
Je connais des bateaux qui s'égratignent un peu
Sur les routes océanes où les mènent leurs jeux.

Je connais des bateaux qui n'ont jamais fini
De s'épouser encore chaque jour de leur vie,
Et qui ne craignent pas, parfois, de s'éloigner
L'un de l'autre un moment pour mieux se retrouver.

Je connais des bateaux qui reviennent au port
Labourés de partout mais plus graves et plus forts,
Je connais des bateaux étrangement pareils
Quand ils ont partagé des années de soleil. 

Je connais des bateaux qui reviennent d'amour
Quand ils ont navigué jusqu'à leur dernier jour,
Sans jamais replier leurs ailes de géants
Parce qu'ils ont le coeur à taille d'océan. 

Mannick


Instants précieux

Dire que la vie à Manille est aisée serait quelque peu se voiler la face…
Mais il y a des instants précieux qui permettent de surpasser les difficultés…
Avec le petit dernier de la Fondation
Prenez par exemple un concentré d’amour nommé Laurence et une dizaine de petits loups entre 1 semaine (et oui, le dernier arrivé à la Fondation a été amené âgé de 3 jours…) et un an…
Laurence est une expat’ française qui vient masser les bébés de la Fondation tous les mardi matins. Elle passe en moyenne 3 heures à Mother and Child (la maison mère-enfant de Virlanie, qui est à 2 pas de chez moi) à s’occuper d’eux, à leur donner un camion d’amour, des wagons d’attention, une caravane de tendresse…
Et moi, j’ai la joie simple et pleine de lui rendre visite au cours de ces séances, de profiter de cette atmosphère apaisante et de constater les vrais bienfaits du massage quand après la séance, tous les bébés dorment avec une paix palpable.

Laurence est aussi une femme débordante de foi, et j’avoue que, vivant dans une maison de mécréants (!!!!), c’est bon de pouvoir partager sa foi… Malheureusement, Laurence m’a invitée, avec une autre volontaire, à la messe en français la semaine dernière, mais comme 2 de mes collègues et moi étions parties passer la nuit sur une île déserte, nous sommes arrivées à la fin de la messe (on aurait pu être à peu près à l’heure, mais les chauffeurs de taxi ne sachant jamais où ils vont, on a dû faire 3 fois le tour de Manille avant d’arriver !)… Enfin, notre retard a vite été pardonné et Laurence nous a invitées à déjeuner et à profiter de la superbe piscine de sa résidence !

Autre instant précieux, autre concentré de joie… lorsque j’accompagne les enfants de MPCC (une des maisons temporaires de Virlanie) à la piscine chez Linda.
Linda est aussi une femme d’expat’. Dans son jardin, elle a une piscine et un trampoline qui ravissent les enfants tous les 15 jours… et moi aussi par la même occasion ! Il faut voir la joie et l’énergie que dépensent les enfants ces après-midis là ! Leur joie met vraiment du baume au cœur.
Linda offre aussi un goûter aux 5 ou 7 enfants qui participent à la sortie… les meilleurs doghnuts de Manille !!
En attendant l’heure du repas que Linda nous offre à la fin de ce bel après-midi, les enfants jouent tranquillement, tandis que Linda et moi partageons un thé et de belles discussions. Son mari et ses enfants nous rejoignent.
Dans la voiture du retour, il ne faut pas longtemps pour que tout le monde s’endorme, le sourire aux lèvres… C’est le cœur plein de joie que les enfants filent se coucher et que je remercie une fois encore le chauffeur de Linda qui a la gentillesse de venir nous chercher et de nous ramener à domicile…

Quelle plus belle leçon de simplicité et de don désintéressé que ces instants partagés avec Linda et Laurence… A elles, un immense Merci !

lundi 24 octobre 2011

Khop Chai Deu...


Outre le nom du resto de Vientiane où nous avons passé quelques soirées, « Khop Chai Deu » signifie « Merci » en Lao... Il s’adresse à toutes les personnes qui ont fait de cette semaine au Laos un moment formidable...

Certes, la Franche-Comté m’a poursuivi jusqu’au Laos, c’est incroyable !! J’ai commencé par partager ma chambre avec Jihane, une volontaire originaire de Belfort, en VSI en Inde... Nous avions tout pour nous retrouver dans la même chambre !! Complot !!! Mais quelle beau complot !!
Et qui pourrait le croire ? Je me suis retrouvée à parler des franc-comtois sur un marché « artisanal » de Vientiane... Artisanal est un bien grand mot, mais sur les quelques stands d’artisanat, j’ai rencontré une dame qui a créé il y a dix ans une association villageoise qui fabrique du thé et de la soie bio et équitable, et qui connaît très bien l’Exèdre (pour les non bisontins, il s’agit du magasin Artisanat Sel de Besançon !)...

La rencontre avec les volontaires de France Volontaires était très sympathique. Nous étions une trentaine de volontaires en plus de l’équipe Asie de FV !!! Et quelle équipe !! Nous avons passé deux jours à réfléchir (pas trop quand même !!!) sur le volontariat... Des exercices intéressants et qui ont donné lieu à de bons fous-rires !! Les volontaires ont certains talents d’acteurs et surtout de clowns !!
La réunion s’est tenue à Vientiane, à l’Institut Français, et Monsieur l’Ambassadeur n’a pas lésiné sur les cocktails et réceptions à notre égard... Et oui, France Volontaires émane du MAEE... donc on est bien vus ! Même si ça sent parfois un peu trop le diplomatique à mon goût ! Discours et petits fours...

Vientiane, quant à elle, est une ville plutôt agréable. Quand on sort de Delhi ou Manille, la ville semble minuscule et il est facile de s’y déplacer en vélo. Les gens ont l’air plutôt calmes, ce ne sont pas des excités du klaxon et la circulation est fluide... C’est tellement reposant de ne pas se retrouver dans les bouchons, le bruit et la pollution ! Bien que pour le moment, à Manille, je n’ai pas à me plaindre, mais j’ai déjà testé les gros embouteillages...
Vientiane est bordé par le Mékong où viennent malheureusement se pavaner lady-boys et prostituées qui, d’après ce que j’en ai vu, sont assez nombreux pour une si petite capitale... et croyez-moi, certains touristes sont vraiment sans complexes...
Malheureusement, le peu de jours passés au Laos et pris en partie par la réunion de France Volontaires ne m’a pas permis de beaucoup visité, si ce n’est quelques temples, le marché du matin, et quelques balades au cœur de la ville...
Nous avons également visité une fabrique de soie et un village de sel situés dans les environs de Vientiane, avec un repas offert sur la rivière Nam Nguem, un affluent du Mékong.
Au retour, le bus s’est arrêté sur un petit marché local... l’occasion de découvrir un peu plus les traditions culinaires lao ! Qui veut goûter les blattes et sauterelles grillées ?? A moins que vous préfériez manger du chiot ou des larves un peu gluantes mais... très appétissantes ?! (euh, ça, c’est pas moi qui le dis ! C’est Pumba et aussi mes collègues qui, plus téméraires que moi, ont tenté l’expérience !)... En tous cas, quand on voit les femmes éviscérer vivants les cafards, ça ne donne pas super envie ! Et à ma grande tristesse, les tortues semblent subir le même sort !

Ce petit voyage a également été l’occasion de rencontres fortuites et merveilleuses... avec les volontaires, bien sûr, qui ont tous des missions et des expériences passionnantes...
Mais aussi avec le chauffeur de taxi qui m’a emmené à l’aéroport et qui m’a fait changé d’avis sur les chauffeurs de taxi de Manille qui, jusque là, n’étaient pas très loquaces... Mardi dernier, les yeux encore endormis par une nuit trop courte, j’ai eu la chance d’être conduite à l’aéroport par un pasteur avec qui j’ai eu une discussion très sympathique au long du trajet...
Arrivée à l’aéroport, j’ai rencontré une dame philippine qui vit aux USA et m’a invitée à lui rendre visite pendant son séjour aux Philippines...
Et en rentrant de Vientiane, je suis tombée par hasard, à l’aéroport de Bangkok, sur deux responsables scouts philippins qui revenaient d’une réunion scoute Asie-Pacifique ! Ils ont eu l’immense gentillesse de me déposer chez moi à l’arrivée à Manille... Décidément, ces philippins sont trop gentils !

Je pense que j’aurais encore des tas de choses à raconter, mais il faut bien en garder pour la suite...

mardi 4 octobre 2011

Bienvenue à Elizabeth Home !


Après quelques déboires, me voilà arrivée à Manille depuis jeudi soir. J’ai bien cru ne jamais arriver… D’abord, il y avait un typhon qui est passé sur Manille la veille de ma potentielle arrivée. Le typhon Nisat a déferlé sur l’île de Luzon (île où se situe Manille) mardi 27 septembre. D’après les articles que j’ai pu lire sur Internet, il s’agissait du typhon le plus important de l’année… A en croire les photos, Manille s’est retrouvée sous des centimètres et des centimètres d’eau en peu de temps, avec des vents allant jusqu’à 200 km/h… Ca, ce sont les articles qui le disent, car ici, les gens prennent ça pour un fait plutôt banal !! Et deux jours plus tard, à mon arrivée, j’avais peine à croire qu’un typhon était passé par là, tellement les rues étaient sèches et la vie semblait normale !
J’ai intégré dès mon arrivée ma maison d’immersion. A Virlanie, c’est une règle. Les volontaires, qu’ils viennent pour plus ou moins longtemps, doivent vivre un temps d’immersion d’un mois dans une des maisons où vivent les enfants. Pour ma part, l’immersion ne durera que 3 semaines puisque je dois partir au Laos le 18 octobre pour une semaine. Virlanie comporte 12 maisons accueillant selon le cas des enfants en bas âge, des jeunes mamans avec leur enfant, des ados, des jeunes en passe de devenir indépendants, des enfants handicapés, etc. Mon immersion, elle, a lieu à Elizabeth Home. Ici sont accueillies quinze jeunes filles qui ont été victimes d’inceste. Seule une d’entre elles n’a pas été abusée, mais vit ici car elle a un lourd handicap physique. Elle est la plus âgée et de ce fait, R. sert de confidente aux autres… Elles ont entre 12 et 21 ans. Elles ont une énergie débordante… Elles sont accompagnées dans leur vie quotidienne par une équipe : Mama Hilda, Tita Jane, Tita April, Tita Emily et Tita Juna. Mama Hilda, c’est plutôt la « Nanay » (mère) de la maison, alors que les Tita sont des travailleuses sociales. Chacune des maisons de Virlanie reproduit le modèle familial traditionnel philippin. Aussi, normalement, dans chaque maison, il y a une « Nanay » (mère) et un « Tatay » (père) – sauf ici, à Elizabeth, où le « tatay » n’existe pas, et vous comprendrez aisément pourquoi !
Moi, c’est Ate Stéphanie. « Ate », c’est la grande sœur. J’essaie de passer du temps avec les filles, et elles m’ont assez vite adoptée… J’ai commencé avec elles mes cours, non formels, de tagalog… Moi, je vous dis, c’est pas gagné !! J’ai aussi appris à cuisiner l’Embotido, une espèce de saucisse philippine, fort bonne !! L’immersion me semble une excellente manière de mieux comprendre de l’intérieur le boulot que fournit Virlanie, même si, c’est une vision assez limitée… J’ai malgré tout eu la chance de visiter les autres maisons. J’ai notamment passé un peu plus de temps dans la Maison mères-enfants et dans la Maison des tout petits, où j’ai aussi très vite été adoptée par ces petits loups adorables et plein de peps ! Il n’y a qu’une toute petite choupinette qui, ma foi, n’avait pas du tout la forme, et pour cause, cela fait très peu de temps qu’elle a été récupérée sur la décharge de Manille. Elle est dans un état de dénutrition terrible, mais l’espoir naît de l’évolution qui a été celle des enfants récupérés dans le même état par Virlanie et qui aujourd’hui sont totalement requinqués…

mardi 27 septembre 2011

Chum Reap Sua !! Quand le Mékong sort de son lit…

Samedi 18 septembre. L’hôtel du Kremlin-Bicêtre est encore aux ¾ endormi, mais pour moi, l’heure est arrivée de partir pour l’aéroport, tant attendue, pleine d’espoirs et pourtant non sans appréhension. Comment cette année va-t-elle se dérouler ? Le choix que j’ai posé était-il vraiment raisonnable ? Mais a-t-on toujours besoin de la raison ?

Il est 11h, heure cambodgienne, et voilà qu’après 18 heures de voyage, l’avion survole des kilomètres et des kilomètres carrés d’eau. Le Mékong, dans sa folle colère aidée par les pluies de la mousson, a tout inondé. La campagne cambodgienne, vue du ciel, ne semble que désolation. On peine à apercevoir encore quelques lopins de terre, mais heureusement, l’arrivée à Phnom Penh est teinté d’un peu plus d’optimisme… Les rues sont sèches, la chaleur est là et la moiteur de l’air aussi… Ah qu’il est bon de se retrouver dans cette chaleur tropicale !!! Pour ainsi dire, ça change de Besançon !!! Mon collègue et responsable m’attend comme convenu à la sortie de l’aéroport… Je sors la dernière car allez savoir pourquoi, je suis dans les premières à donner mon passeport et la dernière à recevoir mon visa ?! D’aucuns diront que j’ai la poisse avec les visas, mais non, à part le fait de poireauter, je n’ai eu aucun souci à obtenir ce joli petit papier ! et cela m’a laissé tout le loisir d’admirer la formidable capacité des cambodgiens à donner du boulot à ses habitants… Il faut bien être au moins 10 personnes pour donner un visa, le temps que le passeport passe dans chacune des mains…
Palais Royal de Phnom Penh

Je ne tiens pas à faire de généralité sur l’emploi au Cambodge, et dès à présent, je tiens à rappeler que ma vision de ce pays qui m’attire depuis longtemps n’est que très partielle, compte-tenu que sur 10 jours, j’en ai passé au moins 7 dans un bureau…

Revenons donc à l’emploi… Je ne saurai en faire de longs discours, mais une chose est sûre qui m’a frappée. Les femmes semblent occuper une bonne partie des emplois – au moins tout autant que les hommes.  De même, à Phnom Penh, il semble que nombre d’entre elles conduisent une voiture personnelle… Interloquée par cette place – à mon grand bonheur – que semble prendre la femme dans la société cambodgienne – à la grande différence avec l’Inde, chère à mon cœur – j’ai demandé confirmation à mes collègues cambodgiennes et français vivant au Cambodge… Leur réponse est unanime, c’est la femme qui commande et qui tient le cordon de la bourse !! Je crains malheureusement, d’après mes (brèves) lectures, que la réalité des choses, surtout à la campagne soit quelque peu différente.

7 jours dans un bureau, donc… Toute l’équipe Asie de France Volontaires (Cambodge – Vietnam – Laos) était réunie pour réfléchir et partager autour des Espaces Volontariats. Bien que ne faisant pas officiellement partie de l’équipe Asie, dans le sens où mon volontariat est porté par le Service de Coopération au Développement,  j’effectuerai aux Philippines, une étude pour France Volontaires. A ce titre, j’ai eu l’honneur d’être intégrée directement à l’équipe en tant que membre à part entière… Ces quelques jours de réflexion m’ont permis, 1/ de prendre le temps d’atterrir et d’ingérer les décalages en tous genres (horaire et autre !), 2/ de mieux comprendre à quoi pourra servir concrètement ma mission d’étude…

Un Espace Volontariats, concrètement, c’est un lieu, à la fois physique et virtuel, qui fonctionne avec des salariés et volontaires de France Volontaires ayant pour mission d’informer, d’orienter, de mettre en réseau toutes les personnes qui souhaitent effectuer ou qui sont déjà en poste sur des missions – courtes ou longues – d’engagement solidaire à l’international. La mission de l’Espace Volontariats va de renseigner le volontaire pour savoir où s’acheter une brosse à dents jusqu’à la mise en relation entre des structures d’accueil recherchant une personne avec telle ou telle compétence avec The volontaire qu’il leur faut !!! Et entre les deux, l’Espace Volontariats propose aussi tout un tas de services utiles à l’intégration dans le pays : cours de langue, de cuisine, etc.
Bref, pour moi, l’idée de l’étude sera donc de tracer un panorama des structures d’accueil aux Philippines, des volontaires qu’elles accueillent et des besoins spécifiques qu’elles ont. En fonction des résultats de l’étude, France Volontaires décidera s’il semble ou non pertinent de créer un EV dans ce pays…

Après cette petite incursion technique dans mes divagations cambodgiennes, revenons à Siem Reap… parce qu’il n’y a pas que le boulot quand même !!
L’arrivée du week-end m’a laissé tout le loisir de visiter une toute petite partie du pays, mais la plus connue de tout un chacun : les temples d’Angkor.

Huit heures de bus – contre 6 annoncées - sur des routes parfois chaotiques, parfois très inondées Les Cambodgiens, bien que grands producteurs de déchets à mon sens, ont toutefois une grande classe : celle de savoir recevoir et proposer des services. A l’hôtel, c’est le « pressing » gratuit ; dans les resto, c’est thé froid offert ; dans le bus, c’est casse-croûte, bouteille d’eau et lingette rafraîchissante (encore une fois, ce n’est peut-être pas une généralité, mais c’est appréciable !)…
Le paysage découvert sur la route est donc conforme à celui vu du ciel à mon arrivée, de l’eau partout ! On se demande même parfois comment la route peut encore être visible… Les habitations qui sillonnent la route, elles, ont les pieds dans l’eau. La plupart sont montées sur pilotis. Il n’empêche que leur accès se fait soit par des pontons de fortune, soit les pieds dans l’eau. Ces piscines improvisées devant les maisons font le bonheur des enfants qui s’y baignent, mais il faut avoir sacrément le moral – et pas vraiment le choix – pour continuer de vivre et d’espérer pendant ces longs mois d’inondation.
A Siem Reap, le spectacle est le même. En arrivant à l’hôtel en fin d’après-midi, la meilleure option est d’aller faire un tour en ville. Le gérant de l’hôtel me prévient d’avance : pour aller visiter l’atelier des Artisans d’Angkor, il faudra laisser le tuk-tuk et parcourir le reste du trajet les pieds dans l’eau… Qu’à cela ne tienne, la mousson indienne est déjà passée sur mes jambes !! Malgré tout, après coup, je n’ai jamais eu autant d’eau en Inde !!
Il en profite également pour m’expliquer que le bâtiment principal de leur hôtel est situé dans la zone inondée et qu’ils ont donc ce deuxième bâtiment – où je loge – dans la partie non inondée de la ville. Sur la route, je m’aperçois que même les grands hôtels et restaurants sont logés à la même enseigne que les autres… Leurs devantures sont de véritables piscines… Une partie des magasins et restaurants de la zone inondée ont construit un système D avec des sacs de sable en guise de digue… ce qui m’a permis de déguster au sec les meilleurs rouleaux de printemps que j’ai mangés jusqu’à présent !!
Un petit aperçu des rues de Siem Reap


Lever aux aurores pour un départ vers les temples d’Angkor. Comme ce qui semble désormais entendu, la route est une alternance de pataugeoire et de bitume sec, mais les temples, eux sont pour la plupart épargnés (ou plutôt, ils ont séchés, d’après ce qu’on m’a laissé entendre… et de ce qu’on a essayé de me baragouiner en anglais… Ne critiquez plus jamais l’accent indien !! J’ai trouvé bien pire !!!). Je commence donc la visite, bon pied, bon œil… L’œil sera toujours aussi bon à l’arrivée, les pieds – ou plus exactement les cuisses – un peu moins ! Pour voir la magie des temples d’Angkor, il faut grimper des marches, et puis des marches, et encore des marches… et quand vous croyez avoir gravi la dernière marche, vous en voyez de nouvelles, là, juste au-dessus, qui malgré la chaleur (mais sous la grisaille) et la fatigue vous invite à les gravir à nouveau !! Au gré de ces marches, des trésors d’architecture, des murs sculptés de scènes de la mythologie hindoue, de combats à dos d’éléphants, des statues de Bouddha de toutes les tailles, mais aussi des rencontres, quelques plaisanteries échangées avec un touriste allemand et un peu de compassion pour une touriste américaine qui trouvait les marches tellement terribles à gravir !! Des petits clins Dieu qui (re)mettent du baume au cœur…




Après quelques dernières heures de travail avec mon responsable régional, l’épisode cambodgien touche à sa fin (disons, pour le moment !). L’avion pour Manille décollera demain, mercredi 28 septembre, à 13h25 heure locale, en espérant ne pas rester bloquée à Ho Chi Minh Ville en attendant une accalmie climatique sur les Philippines !!

Prochain épisode en direct de Manille !

vendredi 12 août 2011

Des instants papillon... furtifs et infiniment beaux !

En attendant de vous faire partager les instants papillon des enfants de Manille, j'avais envie de vous faire partager celui-ci... un texte que j'avais écris en Inde et que je viens de retrouver...


Le Petit Prince aux pieds nus

Pentecôte. En terre hindoue, l’Esprit Saint se prend à souffler.
Alors que j’attends des amis devant l’un des plus grands cinémas de New Delhi, un enfant, l’air un peu triste, abattu par son quotidien d’enfant de la rue, un enfant dont le visage dit les longues heures passées à se cacher ou à errer le long des quais de gare en quête… en quête de quoi au juste ? Cet enfant haut comme trois pommes dont je ne connais pas l’histoire vient me trouver. Il me demande une pièce, mais est-ce vraiment d’une pièce dont il a besoin ? Peut-être, oui, mais au fond de moi, je sens que c’est de bien plus que cela dont il a besoin… j’ai eu vent également des trafics qui consistent à utiliser les enfants pour rapporter de l’argent à la mafia locale… je ne souhaite pas entrer dans ce jeu…
Et pourtant, cet enfant est là, insistant… mais alors de quoi a-t-il vraiment besoin ? Assise sur les marches de ce cinéma, l’enfant, d’une dizaine d’années, s’accroche à mon bras… Peu à peu ma confiance s’installe en lui et la sienne en moi… et nous jouons ainsi tous les deux pendant un instant qui, des années plus tard, sera à jamais gravé dans mon cœur… Au fil des minutes se détache de ce Petit Prince aux pieds nus un éclat de rire aussi pur que le chant de la poulie…
Nous avons partagé tout simplement un peu d’amour qui, au son de sa voix, valait bien plus qu’une pièce de cinq roupies…


mardi 9 août 2011

De l’Inde aux Philippines… en passant par la Franche-Comté !

Me revoilà…
Pendant 2 ans maintenant, je n'ai pas eu l'occasion de partager mes aventures sur un blog (mon ancien blog Windows Live s'est un jour transformé en Wordpress... et depuis, ça semble foireux! donc, je change en espérant que je pourrai utiliser celui-ci comme bon me semble...) !  Je disais don, deux longues années passées en Franche-Comté (un autre bout du monde qui semble parfois plus loin que l’Inde…) !
Le nouveau départ est donc fixé au 17 septembre ! De nouvelles aventures que, prise entre la fin de mon contrat à Besançon et les cartons, j’ai encore du mal à vraiment réaliser…
Mais comme on ne change pas une équipe qui gagne, et pour me remettre un peu dans le bain asiatique avant le vrai départ, je serai à Genève du 9 au 13 septembre car nous organisons une conférence sur les droits à la terre et la prochaine marche indienne de 2012… et autant vous dire que ces quelques jours devraient me regonfler à bloc pour mon départ…
Le 14 septembre, je serai sur Paris. Les 15 et 16, j’aurai le droit à une formation intensive au siège de France Volontaire… et le 17 septembre, à exactement 11h20, je décollerai, direction Phnom Penh via Taipei… Arrivée prévue à Phnom Penh le 18 septembre à 11h35 (5h35 heure française) ! Les Philippines, ce sera pour le 28 septembre !!
Le monde m'appelle !

Bien entendu, j’essaierai de tenir ce blog à jour… peut-être que pour les photos,le plus simple sera de les mettre sur Picasa mais je vous redirai… A moins que je trouve une autre solution merveilleuse !!


En attendant, prenez soin de vous !