Voilà un moment que je n’ai pas donné de nouvelles sur ce blog... et pourtant, il s’en est passé des choses depuis début février !!
La dengue
Tout avait pourtant bien commencé. La journée était belle et je ne m’étais pas trop perdue pour rejoindre Mâa, volontaire à Enfants du Mékong, à Manille... Elle m’avait invitée à visiter un de leurs programmes... Après l’avoir rejoint au pied de la station de métro, la tête encore un peu ensommeillée, malgré l’heure et demie de transports en commun, nous voilà parties pour un petit tour dans le quartier de Paco, au Nord de Manille, accompagnées par les sœurs de la communauté qui gère le programme de parrainage. Nous rencontrons des familles d’enfants qui seront parrainés très prochainement. Nous rencontrons aussi des jeunes très motivés par leurs études et très reconnaissants du soutien que leur offre leur parrain ou marraine... et pourtant, lorsqu’on passe le pas de la porte, on se demande encore comment ces jeunes font pour garder autant d’enthousiasme... Une pièce, 5 m², sans électricité, avec un toit de tôle percée qui prend l’eau dès qu’il pleut... pour abriter une adolescente, son oncle et sa tante et leurs quelques chats ! Voilà l’environnement dans lequel la plupart des jeunes parrainés travaillent pour leurs études... et pourtant, ils s’accrochent... et avec succès !! Il faut dire qu’être un enfant parrainé, c’est exigeant... et la motivation pour réussir est une des conditions pour conserver cette aide...
13h... Le soleil et la chaleur du quartier nous harassent mais le facilitateur du quartier nous conduit encore vers d’autres familles... C’est très intéressant de rencontrer ces familles et de se rendre compte de leurs conditions de vie... cependant, la fatigue commence à se faire sentir, la faim aussi...
A 14h, nous rejoignons enfin la communauté des sœurs qui nous offrent un repas exquis... Je me sens toujours exténuée, mais je mets ça sur le compte du passage de la chaleur de la rue au froid glaciaire de la clim’ dans la pièce où nous mangeons... Mais après le repas, je ne me sens pas du tout la force de continuer la visite l’après-midi... J’abandonne donc Mâa car il me semble avoir de la fièvre... Je saute dans un taxi pour rentrer chez moi où je vérifie ma température. Verdict : 39,1°C.
Un paracétamol et une heure de sieste plus tard, je me sens un peu mieux... Je mets donc cela sur le compte d’un petit coup de chaud pendant la visite du matin... Mais le soir la fièvre remonte, et les courbatures s’accentuent sur tout le corps... Le moindre mouvement devient un effort surhumain et le lendemain, à 6h du matin, le thermomètre indique 39,6°C !!
Des amis me conseillent alors de filer à l’hôpital pour vérifier si je n’ai pas attrapé la dengue car ça peut être dangereux, voire mortel !
Direction les urgences de Makati Med... L’infirmière me ruine le bras en me faisant une prise de sang (je n’ai jamais eu de veine (visible) !!!)... et après quelques heures d’attente, le médecin m’annonce que j’ai effectivement des signes infectieux, mais le test de dengue est négatif... Ceci dit, il me dit qu’il n’est pas certain que mon taux de plaquette, encore dans la moyenne, ne continue pas de descendre... et effectivement, n’étant guère plus en forme le jeudi, je retourne à l’hôpital vers le médecin référent de l’Ambassade, qui me prescrit une nouvelle prise de sang dont les résultats se sont encore déséquilibrés... et malgré le test de dengue toujours négatif, il m’annonce que j’ai très probablement attrapé la dengue (le test n’est, en fait, pas très fiable et j’ai tous les symptômes de la dengue)... Résultat final : une dizaine de jours au lit pendant lesquels le moindre mouvement est un enfer, de la fièvre et du paracétamol... et me voilà debout pour pouvoir partir l’esprit tranquille au Cambodge (après une 3ème prise de sang qui s’est rééquilibrée !)
Trouver le repos au Cambodge
22 février. Me voilà partie pour Phnom Penh où je me réjouis déjà de retrouver mes collègues de France Volontaires Asie. Notre réunion ne débute que le 27 février, mais mon visa philippin expirant le 22, je profite de ces quelques jours supplémentaires qui me font un bien immense pour me remettre de ma dengue... Dormir dans un vrai lit, au calme, sans bruit de tricycle ni karaoke... Profiter d’une salle de bain qui fonctionne correctement et d’un environnement sain... Toutes ces petites choses peuvent sembler insignifiantes mais sont tellement importantes, surtout quand on a été malade à Manille, dans des conditions de logement qui frôlent parfois l’indécence !!
A Phnom Penh, je loge dans un hôtel tout simple mais propre et vraiment confortable... Je découvre aussi le nouveau bureau de mes collègues. Ils ont déménagé il y a peu. J’y travaille pendant ces quelques jours dans la capitale. Le samedi, l’Espace Volontariat a organisé une visite guidée de Phnom Penh.
M. Filippi, un linguiste passionné d’histoire nous guide au gré des anciens bâtiments de l’administration française et autres bâtiments historiques, le quartier chinois, puis vietnamien... 6 heures de visite vraiment intéressantes au cours desquelles on en apprend un peu plus sur la manière dont la ville s’est construite... Le seul regret est de ne pas en connaître plus sur l’histoire du Cambodge en amont, car notre guide étant un vrai moulin à paroles – passionnées et passionnantes, certes – beaucoup d’informations nous échappent lorsqu’on ne connaît pas bien le pays...
Cela m’a d’ailleurs poussé à lire un peu plus sur le Cambodge et sa période sombre... Je viens d’entamer un livre sur le sujet...
| La Canadia Bank vouée à l'effondrement |
Je garderai de cette visite 2 histoires principales (peut-être pas celles que tout le monde retiendrait, mais bon...). Tout d’abord, qu’un jour la banque Canadia risque de s’effondrer sur un certain nombre de gens... une immense tour qui a été bâtie n’importe comment il n’y a pas très longtemps et qui s’affaisse progressivement... Ca fait peur !
| Feue la cathédrale de Phnom Penh |
Ensuite, et c’est un moment de l’histoire qu’il me semble très important de souligner... De la terrasse du toit où nous nous trouvons, M. Filippi nous montre une photo de ce qui fut la cathédrale de Phnom Penh. Aujourd’hui, un relais radio ou téléphone se dresse à son emplacement. Les Khmers Rouges ont fait détruire la cathédrale par de pauvres gens qui ont dû « démonter » la cathédrale avec pour seuls outils des pioches et leurs mains... Avec les barres de fer de la (dé)construction, les Khmers Rouges ont tué des milliers de personnes au « killing fields »... Ces pauvres ouvriers ont certainement fait partie du lot des personnes qui y ont perdu la vie.
Travailler les pieds dans l’eau à Kampot !
| Notre bureau au paradis ! |
Après que nos collègues d’Inde, du Vietnam et du Laos nous aient rejoint à Phnom Penh, nous embarquons à bord du van. C’est parti pour Kampot, au Sud-Ouest où nous arrivons environ 2h30 plus tard... Au bout du chemin chaotique que nous empruntons, nous arrivons dans le coin de paradis qui nous accueillera pour la semaine... Non, nous n’étions pas en vacances... Certes, c’était dur de bosser en ayant une vue plongeante sur cette nature luxuriante et cette rivière qui nous appelait à la rejoindre plutôt que de plancher sur les stratégies de France Volontaires en Asie... mais comme tout effort mérite une récompense, après des journées bien remplies, nous avons pu profiter de l’eau et de superbes repas confectionnés par nos hôtes (tellement rien à voir avec la bouffe philippine !!)... Attention au poivre de Kampot... mélangé avec un peu de citron, on devient facilement addict !!!!
| J'aime paaaaaas le durian !! |
Après une semaine de travail efficace et fort agréable (oui, j’adore mes collègues... c’est tellement agréable de travailler avec eux... Je bénis le Ciel d’avoir cette mission pour me sortir la tête de Virlanie...), nous avons pu profiter un peu de la région... M. Filippi nous a rejoint pour nous permettre de profiter d’une visite guidée de Kampot (ça reste passionnant, mais 2 Filippi dans la semaine, en accord avec mon collègue parisien qui a eu le même programme, c’est un peu trop quand même !!)... Nous sommes partis admirer les lucioles sur la rivière (magnifique ! On se croirait à Noël... Les lucioles forment de vraies guirlandes clignotantes sur les arbres ! Impressionnant !)... Nous sommes partis à vélo à la recherche d’un champ de Durian (une expérience...mais dit-on « l’expérience est le nom dont les hommes baptisent leurs erreurs » ! Imaginez qu’on vous met sous le nez un rat crevé... vous avez l’odeur du Durian ! Vous êtes sûrs que vous n’aurez pas de voisin... Quand au goût, ça pourrait, certes, être pire mais franchement, c’est assez vomitif ! Et dire qu’à Kampot, ils ont construit un rond-point à la gloire du Durian !!)... Nous avons aussi profité d’une journée de kayak et baignade au long de la rivière ! Une semaine absolument magnifique ! Un immense merci à toute l’équipe Asie !
Et pourtant, il a bien fallu en repartir pour retourner à Phnom Penh puis les Philippines (ou le seul karaoké de la semaine m’attendait pour mon unique nuit de passage à Manille ! Ahhhh, j’avais oublié les joies des Philippines !)...
Mon retour à Manille n’est heureusement qu’un bref passage d’une nuit et d’une journée... Il ne faut pas revenir trop vite aux dures réalités !! Direction Cebu...
Et c’est reparti pour Cebu
Cette semaine à Cebu a pour objectif de rencontrer les associations françaises qui y sont basées afin de compléter mon étude. En termes de volontaires français, Cebu est le 2ème point névralgique (le 1er étant Métro Manila et le 3ème, Mindanao)... Il n’y a qu’une quinzaine de volontaires et pourtant, il est important de ne pas les oublier ! Heureusement, les volontaires y ont une très bonne cohésion d’équipe et nous nous retrouvons d’ailleurs tous pour un repas très sympathique, l’occasion d’un premier contact avant de visiter dans les jours suivants leurs différents projets.
Des questions professionnelles me mènent également vers les frères et sœurs de St-Jean où j’ai la joie de retrouver Fr. Joss que j’avais croisé en Inde lors de mon dernier passage (lorsque j’y ai perdu quelques dents !)... Et les sœurs, qui digne des Sœurs de St-Jean, sont tellement gentilles et accueillantes, me conduisent chez la maman de mon amie Alma-Marie... une belle rencontre pleine de surprise car la maman d’Alma ne s’attendait pas à voir débarquer une amie française de sa fille... Je ne sais pas qui, de l’une ou de l’autre, était la plus heureuse !!
| Les "Collines de Chocolat" |
J’ai enfin profité du we pour aller visiter l’île de Bohol et de Panglao avec une autre volontaire tout fraîchement arrivée... Un très beau we malgré la pluie qui nous a rejoint en fin de dimanche. Nous avons découvert les « Chocolate Hills ». Selon la légende, ces 1268 collines arrondies à la forme parfaitement similaire entre elles seraient les larmes solidifiées d’un géant transit d’amour. L’explication scientifique tient d’avantage à une formation géologique qui résulte du dépôt de coraux qui se sont petit à petit surélevés au gré du temps.
Levées tôt le lendemain, nous avons rendu visite aux tarsiers, un drôle de petit animal dont le corps est minuscule. Le Centre de Recherche et de Développement pour les Tarsiers accueille une centaine de ces petits animaux vieux de 45 millions d’années et pourtant menacés d’extinction à cause de leur bouille trop mignonne... Beaucoup trop de gens les capturent pour en faire des animaux de compagnie (un tarsier avait même été offert au Prince Charles qui a tout de même préféré le renvoyer dans son environnement pour qu’il vive !). La fragilité de leurs os confrontée à la brutalité des hommes les mènent doucement vers la mort...
Enfin, nous avons voulu profiter de l’île de Panglao (ou plutôt la presqu’île depuis qu’elle a été reliée par une digue à Bohol). Malheureusement, la pluie nous a rejoint trop vite tout en nous empêchant de repartir prendre le jeepney... Nous avons donc eu le dernier bateau pour Cebu, pour le lendemain, reprendre – cette fois pour de bon – l’avion pour Manille... pour une semaine bien difficile mais qui s’est achevée sur un magnifique week-end avec mon amie Laurence, aux chutes de Pagsanjan (prononcez Pag-san-han), des magnifiques gorges au Sud de Manille...
Ouf !! Si vous êtes arrivés jusque là en ayant suivi le détail de mes aventures, bravo et merci pour votre amitié et votre fidélité à me lire…
Merci Stéphanie de nous faire partager tes expériences...Pas toujours facile mais quelle vie ! Vraiment chouette. Véronique
RépondreSupprimerCoucou !! Merci pour ton message ! comment ça se passe pour toi, cette année en musique ?
Supprimer"It is hard to observe the tarsier in its natural environment because it only leaves its tree habitat to capture its prey."
RépondreSupprimer:-) Je voyage dans les livres... Annie JL
Oui,mais entre primates, on se comprend !!
SupprimerQuelle vie bien remplie ! Une vraie aventurière qui passe d'un pays à l'autre à la rencontre des gens, des paysages, de la nourriture, d'autres cultures, d'autres volontaires ! Quel engagement la miss et quel plaisir de voir et lire que tu t'accomplis. Prends bien soin de toi pour éviter de nouvelle dengue ou fièvre en tout genre. Et au plaisir de te lire à nouveau. Bonne continuation. Bises. Sissi
RépondreSupprimerMerci Sissi ! faudra que tu me racontes ta vie un de ces 4 !! Bisous
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